Colombie: Semaine de l’éthique et de la paix avec Hans Küng
«Sans la paix entre les religions, pas de paix dans le monde»
Bogota, 6 avril 2007 (Apic) Sans la paix entre les religions, il n’y aura pas de paix dans le monde, a souligné Hans Küng, le théologien d’origine suisse, dans un discours qu’il a prononcé au cours d’une semaine consacrée à l’éthique et à la paix mondiale dans la capitale de la Colombie, Bogota.
Selon Hans Küng, «les grandes religions sont parfaitement à même de mobiliser les peuples en faveur d’une éthique planétaire, du fait de leur aptitude à définir des objectifs moraux, à proposer des instructions et des critères en vue d’une action, à motiver les êtres humains tant sur un plan rationnel qu’humain, afin que les normes morales puissent être appliquées concrètement «.
Le théologien, qui a travaillé dans les années 1960 en Allemagne à l’Université de Tübingen avec le pape Benoît XVI à l’époque où ce dernier était encore Joseph Ratzinger, a fait observer : «Sur un plan concret, il s’agit de promouvoir la paix et la réconciliation entre les peuples en soutenant les revendications en matière de justice sociale et de protection de l’environnement. On peut y parvenir parce que toute vraie religion favorise une vraie humanité et s’attache clairement à encourager un comportement authentiquement humain des hommes et des femmes envers leur prochain».
Cependant, a affirmé Hans Küng, ceux qui ont fait progresser la société sont toujours ceux qui ont provoqué la rupture du consensus social. Les prophètes de la Bible ont rompu le consensus, ce qui les a amenés à devoir affronter le statu quo.
Cet affrontement, a-t-il ajouté, s’est souvent terminé par l’élimination des prophètes. Mais les idées des vrais prophètes, elles, n’ont pas disparu et ont fini par s’imposer.
Selon Hans Küng, si personne n’avait rompu le consensus, l’esclavage serait toujours communément admis aujourd’hui, même par des chrétiens. Jésus de Nazareth a rompu le consensus religieux par son témoignage, son service et sa faiblesse et non par la force et le pouvoir. Son exemple, a-t-il conclu, a été suivi par des prophètes qui ont choisi de dénoncer l’injustice par leur service et la non-violence. (apic/eni/pr)



