Colombie: Un évêque dénonce la «disparition» d’une vingtaine de «campesinos»
Violences et carences humanitaires
Bogota, 16 avril 2004 (Apic) Un évêque colombien, Mgr Héctor Fabio Henao, dénonce la disparition d’une vingtaine de paysans portés disparus dans la région colombienne de la Sierra Nevada de Santa Marta, située sur la côte caribéenne, à près de mille kilomètres au nord de la capitale, Bogotá. D’intenses combats entre la guérilla, les paramilitaires et l’armée régulière sont siganlés dans cette région.
Selon Mgr Héctor Fabio Henao, directeur de la pastorale sociale et représentant de la commission de facilitation du dialogue entre le gouvernement central et les deux principaux groupes guérilleros, les FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie) et l’ELN (Armée de libération nationale), «il est encore trop tôt» pour se prononcer sur les responsables de ces disparitions». Il pourrait s’agir d’enlèvements ou d’assassinats. Une délégation de l’Eglise se rendra très vite sur place pour recueillir des informations.
Ce qui est certain, c’est que la zone de la Sierra Nevada, qui comprend une partie des départements de Guajira, Cesar et Magdalena, est le théâtre de violents affrontements doublé d’une carence humanitaire grave.
Les plaintes de la population locale ont été étayées en décembre déjà par un rapport d’une commission humanitaire, formée notamment de Mgr Henao, de Mgr Alberto Giraldo Jaramillo, archevêque de Medellín, et du Père Darío Echeverri, après sa visite sur le terrain.
Les groupes paramilitaires une nouvelle fois dénoncés
Le document, intitulé «Situation des droits de l’homme et du droit international humanitaire dans la Sierra Nevada de Santa Marta» confirme l’activité des groupes paramilitaires auteurs d’assassinats, de massacres et d’attaques, surtout de communautés indigènes.
Entre 1998 et 2002 il y a eu au moins 166 exécutions arbitraires, 44 disparitions forcées, 92 cas de torture et 52 enlèvements perpétrés par lesdites «autodéfenses civiles» dans la région. Le bilan n’est cependant pas exhaustif car il ne se réfère qu’aux épisodes effectivement dénoncés.
Considérée stratégique pour le trafic de drogue et d’armes pour sa proximité géographique de la Mer des Caraïbes, la Sierra Nevada de Santa Marta a été le théâtre en septembre 2003 de l’enlèvement pendant 2 mois de 8 touristes étrangers par l’ELN. (apic/misna/pr)



