Pour enrichir l’industrie pharmaceutique

Colombie: Une indienne dénonce l’exploitation du sang de son ethnie

Bogota/La Haye 25 avril 2002 (APIC) L’Université et Bogota et un institut de santé de Washington ont utilisé des échantillons de sang des indiens Arhuaco dans le but de développer de nouveaux médicaments. Une Indienne Arhuaco affirme être, elle et les membres de son ethnie, victimes de la «biopiraterie» de la part de laboratoires des Etats-Unis. Le gouvernement colombien n’a pas démenti l’exploitation commerciale d’un gène issu du sang de ces indiens.

Lors de la Conférence de l’ONU sur la biodiversité, réunissant les ministres de l’environnement de 166 pays, tenue du 8 au 19 avril à La Haye, Leonor Zalabata Torres, une indienne Arhuaco de Colombie, âgée de quarante six ans, est venue dénoncer «ce qui est la pire forme de pillage génétique, le vol du sang, du sang de mon ethnie», écrit le journal «Libération» du 22 avril.

En 1997, des médecins de l’Université de Bogota sont venus expliquer à cette ethnie qu’elle souffrait de manière anormale de tuberculose et de diabète. Ils ont alors mis en place des consultations gratuites avec distribution de médicaments et des prises de sang «pour des analyses complémentaires», raconte Leonor Zalabata Torres.

Les membres de l’ethnie se sont finalement aperçus que les fioles de sang étaient passées de l’Université de Bogota à un institut de santé de Washington pour finir dans un laboratoire de Rockville. Les chercheurs sont en effet parvenu à identifier dans ce sang un gène qui pourrait être utile à la production et la commercialisation de nouveaux médicaments.

Les indiens Arhaco ne sont pas les premiers à être victimes de la «biopiraterie» de l’industrie pharmaceutique, les indigènes Guaimi du Panama ont également un gène breveté par un laboratoire, sans que la moindre demande d’autorisation ne leur ait été faite. (apic/ag/sh)

25 avril 2002 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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