Les milliers de réfugiés chassés par la guerre ont eu la priorité
Colombo: Les Eglises de l’est du Sri Lanka n’ont pas fêté Noël
Colombo, 9 janvier 2007 (Apic) Presque toutes les Eglises de Batticaloa, dans l’est du Sri Lanka, ont renoncé à célébrer Noël cette année en raison d’un afflux de réfugiés dans cette région touchée par la guerre, indique mardi l’Agence oecuménique ENI. «Ce Noël n’a pas été un bon moment pour faire la fête,» a déclaré A. Jesudasan, pasteur en charge de la paroisse méthodiste de Chenkalady, à Batticaloa.
Des milliers de réfugiés tamouls ont afflué à Batticaloa depuis la région de Vaharai, tenue par les rebelles, a indiqué le pasteur Jesudasan dans une déclaration faite le 5 janvier. Selon lui, «les chrétiens ne pouvaient pas rester insensibles aux réfugiés. C’est pourquoi nous n’avons même pas installé de décorations.»
La crise sans précédent que connaît Batticaloa a commencé avant Noël. Près de 25’000 Tamouls ont alors fui les intenses tirs d’artillerie des forces gouvernementales, qui cherchent à prendre le contrôle de la région de Vaharai, aux mains des rebelles tamouls connus sous le nom de LTTE (Tigres de libération de l’Eelam tamoul).
Les chrétiens représentent environ 20 % de la population de Batticaloa. En signe de solidarité pour les réfugiés campant dans les églises, les écoles et les terrains vagues situés autour de Batticaloa, les 70 familles de la paroisse méthodiste ont rassemblé les économies qu’elles destinaient aux fêtes de Noël et ont préparé des rations de nourriture pour 1’200 personnes déplacées.
Le père J. Alagudari, de l’église catholique Sainte-Thérèse, à Valachenai, à 38 km de Batticaloa, a pour sa part expliqué que les institutions ecclésiastiques, déjà mises à rude épreuve, étaient le premier endroit où les soldats se débarrassaient des civils fuyant les combats des zones rebelles. (apic/eni/pr)



