Sri Lanka: Détérioration des conditions de vie dans les cas de réfugiés

Colombo manipule chiffres et informations, dénoncent des ONG

Colombo, 14 octobre 2009 (Apic) Disputes entre réfugiés et heurts avec les militaires sont les indicateurs d’une détérioration rapide des conditions de vie dans les camps de Vavuniya, où le gouvernement retient depuis quatre mois quelque 255’000 civils tamouls.

L’alarme est lancée par l’organisation de défense des droits de l’homme Human Rights Watch, qui dans un communiqué cité par Misna qualifie d’»illégal» le séjour forcé dans les camps et demande aux Etats-Unis, au Japon et à l’Union européenne de faire pression sur le gouvernement de Colombo afin qu’il ne transforme pas ces camps en occasion instrumentale pour retenir le plus longtemps possible sous son contrôle les civils tamouls.

Les autorités soutiennent ne pas pouvoir remettre en liberté les réfugiés avant le déminage de leurs zones d’origine et pas avant d’avoir vérifié que des ex-rebelles ne se cachent pas parmi les réfugiés.

En septembre le ministère des Affaires étrangères avait annoncé que 162’000 personnes avaient déjà été contrôlées, mais selon les données de l’Onu à ce jour moins de 15’000 personnes ont été remises en liberté.

L’organisation non gouvernementale siégeant à Washington conteste l’annonce faite par Colombo le 24 septembre, selon laquelle 40’000 personnes auraient regagné leur village d’origine. «En réalité, la plupart des personnes que le gouvernement soutient avoir libéré ont été transférées du camp «Malik Farm» à d’autres centres de détention et certains sont encore retenus dans des postes de passage à Vavuniya».

La grande majorité des réfugiés se trouve dans les structures baptisées «Malik farm» et souffre depuis une semaine du manque d’eau car la pompe d’alimentation reliée au fleuve voisin fonctionne mal en raison de l’abaissement du niveau du cours.

Dans cette situation de pénurie, les femmes sont contraintes de se mettre en file, parfois en pleine nuit, pour remplir un bidon de 20 à 30 litres destiné à satisfaire les besoins de leurs familles composées en moyenne de cinq personnes; le manque d’eau est un facteur de tension supplémentaire et une cause de litige entre réfugiés.

Le rapport de l’organisation souligne également que le 26 septembre des militaires qui assuraient la garde des camps ont ouvert le feu sur un groupe de réfugiés, en blessant deux, dans ce qu’ils affirmaient être une tentative de fuite d’individus «liés aux terroristes», à savoir aux rebelles tamouls; les évacués ont rapporté au contraire la violente intervention de l’armée après qu’un groupe d’hommes ait traversé le camp pour aller ramasser du bois. (apic/misna/pr)

14 octobre 2009 | 11:21
par webmaster@kath.ch
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