Suisse: 20 organisations s'engagent pour la préservation de l'aide sociale

Combattre la pauvreté et non les pauvres

Berne, 16 décembre 2014 (Apic) Quelque 20 organisations suisses actives dans le domaine social, dont l’œuvre d’entraide catholique Caritas, ont publiquement appelé, le 16 décembre 2014 à Berne, à une préservation du mécanisme de l’aide sociale. Dans leur déclaration sur l’aide sociale et la lutte contre la pauvreté, elles s’engagent pour un revenu minimum vital social.

Cette déclaration s’inscrit dans le contexte du débat actuel sur l’aide sociale, souligne Caritas dans un communiqué. Ce mécanisme qui garantit aux plus démunis de pouvoir subvenir à leurs besoins fondamentaux est en effet attaqué par certains partis suisses.

Les organisations rappellent dans leur déclaration l’article 12 de la Constitution fédérale, qui garantit aux personnes qui sont dans une situation de détresse et qui ne sont pas en mesure de subvenir à leur entretien le droit de recevoir les moyens indispensables pour mener une existence conforme à la dignité humaine. «Ce n’est donc pas un principe de charité qui dicte l’octroi de l’aide sociale, mais un principe de droit garanti par la Constitution suisse», notent les organisations signataires. Pour ces dernières, l’aide sociale est un élément central de notre sécurité sociale et ne se limite pas à une allocation financière, mais implique également un travail d’accompagnement et de soutien.

Les bénéficiaires de l’aide sociale, des citoyens à part entière

Les organisations signataires indiquent en outre que les risques d’abus sont faibles et que, s’il s’en produit, ils sont sévèrement sanctionnés.

La déclaration note que l’aide sociale fait les frais de nombreuses évolutions observées ces dernières années: restrictions des prestations des assurances sociales, intensification de la concurrence fiscale entre les cantons ou précarisation du marché de l’emploi.

La déclaration énumère une série de mesures importantes pour la lutte contre la pauvreté. Selon les organisations, il faudrait notamment répartir plus équitablement les charges financières et administratives de l’aide sociale entre les communes et les cantons. En outre, il faudrait consolider les prestations des assurances sociales, dont la diminution conduit inévitablement à un report de charges sur l’aide sociale. Les signataires proposent finalement une facilitation de l’accès aux mesures de formation et de perfectionnement, et pas seulement pour les bénéficiaires de l’aide sociale.

«L’aide sociale doit avoir pour but de renforcer les personnes. Les femmes et les hommes qui doivent recourir à l’aide sociale ont le droit de vivre dans la dignité même dans des situations difficiles et d’être reconnus comme des citoyens à part entière», martèlent les organisations.

Pour lire le texte complet de la déclaration: www.caritas.ch/declaration_aide_sociale

Encadré

Le taux d’aide sociale a légèrement progressé en 2013

En 2013, 257’192 personnes ont bénéficié d’une aide sociale économique en Suisse, note l’Office fédéral de la statistique (OFS) dans un communiqué du 16 décembre 2014. En un an, le taux d’aide sociale s’est accru de 0,1 point pour atteindre 3,2% de la population résidante. Les enfants et les jeunes sont toujours les plus exposés au risque de dépendre de l’aide sociale, souligne l’OFS. Ce risque augmente depuis 2005 également pour les personnes de plus de 45 ans. (apic/com/rz)

16 décembre 2014 | 12:42
par webmaster@kath.ch
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