Come: L’»autre premier août» dans un souterrain de Come avec le curé des réfugiés
Protestation contre la politique d’asile «brutale» de la Suisse
Come,
(APIC) «Pas de cette manière-là: c’est la mauvaise voie». Lors du 13ème premier août alternatif fêté sur la frontière italo-suisse, Cornelius Koch a stigmatisé la politique d’asile «brutale» du gouvernement suisse. C’est depuis une canalisation souterraine, appelée l’enfer de Cosia parce que des familles de demandeurs d’asile s’y terrent pour échapper à l’expulsion de Suisse et d’Italie, que le curé des réfugiés a lancé son appel «à ouvrir les frontières».
Dans ce lieu hors du commun, l’abbé Cornélius Koch, âgé de 60 ans, a protesté à l’occasion de la Fête nationale helvétique contre la brutalité de la politique d’asile de la Confédération qui contraint des familles du Kurdistan, d’Iran ou du Kosovo à se terrer comme des «hommes-souris», selon l’expression des habitants de la région, pour éviter le refoulement dans leurs pays.
Pas de recette toute faite
«Exemple d’ouverture pour les réfugiés du monde entier, la Suisse est devenue le cœur de pierre d’une Europe endurcie», explique l’abbé Cornelius Koch. 2’000 personnes sont mortes noyées ces dernières années, de l’Italie méridionale à l’Andalousie espagnole. 58 autres sont mortes étouffées dans un conteneur aux portes de la Grande-Bretagne. En réponse à la détresse des réfugiés, les gouvernements européens verrouillent toujours plus leurs frontières, déplore le prêtre qui avoue ne pas avoir de recette toute prête. Avec son bureau suisse d’accueil des réfugiés de Corno-Ponte Chiasso, le prêtre estime cependant que les menottes, les fils de fer barbelés, les terrains minés, les policiers ou les soldats ne dissuaderont pas les «persécutés et damnés de la terre». Ces procédés ne font qu’accroître le désarroi des migrants et enrichir les passeurs.
Signes d’espoir
Cornelius Koch a aussi raconté l’histoire des deux villages italiens Badolato et Riace qui, désertés par leurs habitants, ont accueilli et intégré des réfugiés kurdes pour faire revivre le village. Ou encore celle du comité de citoyens qui a pris le relais de Don Renzo Beretta, après son décès, pour offrir la possibilité de suivre un apprentissage de boulanger, de menuisier ou encore de maçon à de nombreux jeunes réfugiés, les empêchant de tomber dans la criminalité.
Le prêtre a encore parlé de la Croix-Rouge de la région de Come qui soutient les familles refoulées de Suisse dans les centres de Tavernola, à Valsolda et à Cernobio.
L’abbé Koch en a finalement appelé à toutes les bonnes volontés en Europe pour trouver de nouvelles voies à la question des migrations et de l’asile. Il a rappelé les mots de l’écrivain Friedrich Dürrenmatt «Ce qui concerne tous ne peut être résolu que par tous». (apic/com/mjp)



