Huitième et dernier volet de cette série avec l’ancienne abbaye de Bonmont.

Comment concilier spiritualité, culture et loisir? Pour cette période de vacances estivales, l’Apic propose jusqu’à mi-juillet huit sorties ou randonnées à caractère religieux dans différentes régions de la Suisse, que les journalistes de notre agence ont

Vaud: Promenade à l’ancien couvent cistercien de Bonmont

Un lieu impressionnant au pied de la chaîne du Jura

Martin Brander (*), pour l’Apic / Traduction: Bernard Bovigny

Chéserex, 22 juillet 2008 (Apic) L’ancien couvent cistercien de Bonmont se trouve au milieu de la forêt, quelque part entre le Lac Léman et la chaîne du Jura, au pied de la Dôle. S’il n’y avait pas un terrain de golf à proximité, on se sentirait en un lieu complètement isolé. Tout est tranquille. C’est d’ailleurs dans cette quiétude que des ermites ont vécu autrefois. Car en ce lieu, ce ne sont pas quelques pans de murs d’un ermitage que l’on devine, mais un complexe conventuel entier. Le chemin, parfois en lacets, depuis le Lac Léman à travers la forêt constitue une bonne préparation à l’atmosphère particulière de Bonmont.

Sur place, la forêt s’éclaircit, s’ouvre vers le ciel et offre même entre les sapins un large point de vue sur le lac. Derrière, se trouve le sommet de la Dôle. Un lieu où il fait bon s’arrêter. De l’ancien couvent cistercien, qui comprenait le cloître, le bâtiment conventuel, un établissement hospitalier, ainsi qu’une forge, un moulin et un entrepôt, ne demeure plus que l’église. La plus grande partie des bâtiments ont été détruits au 18e siècle en raison de leur état de délabrement avancé. L’église a été transformée en grange. Des plafonds ont été construits et un grand trou a été percé dans le mur pour faire une porte de grange. L’église romane a aussi servi de cave à vins, de fromagerie, de boulangerie et de grenier à céréales.

L’abbaye de Bonmont a une histoire pleine de rebondissement derrière elle. Une ancienne voie romaine le long du Lac Léman passait par cet endroit. Un petit groupe d’ermites habitait probablement dans la région. Il a été établi qu’en 1123, une abbaye a été construite et a été habitée par des bénédictins. Et en 1131 déjà, elle a été reprise par des cisterciens de Clairvaux.

L’Ordre des cisterciens, fondée en 1098, a cherché à réformer les bénédictins, qui étaient jugés «décadents». Les cisterciens ont voulu opérer un retour aux valeurs originelles et donner davantage d’importance à la pauvreté, à la solitude et au travail. Cette simplicité se retrouve dans le style de construction des églises conventuelles.

Eglise transformée en grange

Bonmont a été le plus important des huit couvents cisterciens fondés en Suisse (avec Haut-Crêt, Montheron, Hauterive, Frienisberg, St. Urban, Wettingen et Kappel). Le couvent, qui a compté quelque 20 moines à sa plus belle époque, faisait partie d’une vaste propriété. Lors de l’introduction de la Réforme en pays de Vaud, en 1536, l’abbaye de Bonmont a été saisie par le gouvernement bernois, quelques bâtiments ont été détruits et l’église a été transformée en grange. En 1942, l’église est classée monument historique, puis a été restaurée de 1982 à 1995.

L’abbaye de Bonmont est aujourd’hui propriété du canton de Vaud et est administrée par la Fondation «Pro Bono Monte». L’église peut être visitée à certaines heures. A l’entrée, des panneaux donnent des informations sur l’histoire et l’importance de l’ancien couvent. Des concerts y ont régulièrement lieu, en particulier de chant grégorien, du fait que l’acoustique de l’église cistercienne se prête parfaitement à ce type d’oeuvres.

Encadré:

Indications pratiques

Pour se rendre sur place avec les moyens de transport public, il faut prendre le train jusqu’à Nyon, puis le bus jusqu’à Chéserex. Attention: les trajets sont fréquents mais les horaires irréguliers! A Chéserex, on quitte le bus à la troisième station, la Place du village. Il faut reculer de quelques pas, puis suivre la direction «Terrain de golf». Le chemin traverse en certains endroits le terrain de golf, au dessus duquel on aperçoit l’abbaye. Un chemin pédestre y monte. Le trajet depuis le centre du village jusqu’à l’abbaye dure environ 25 minutes.

En voiture, l’endroit peut être atteint en empruntant la sortie d’autoroute «Nyon», en direction de St-Cergue, jusqu’à Gingins. Le chemin est bien indiqué à l’aide de panneaux bruns «Abbaye de Bonmont». Le lieu n’est pas ouvert en permanence au public. Il est donc recommandé de s’informer des heures d’ouverture.

Site internet: www.bonmont.ch/

Note: Ce reportage clôt la série consacrée aux excursions d’un jour entamée en juin par les journalistes de l’Apic, et qui a compris:

– Le parcours du vitrail dans la région de Romont,

– Saint-Maurice, sa basilique, ses catacombes et ses fouilles archéologiques,

– Le sanctuaire de Madonna del Sasso à Locarno,

– Les joyaux du Musée jurassien d’art et d’histoire à Delémont,

– Genève la protestante,

– Sur les pas de Saint Lucius à Coire,

– Le Chemin biblique de Gerlafingen à Utzenstorf,

– l’ancienne abbaye cistercienne de Bonmont.

(*) Martin Brander est rédacteur du bulletin paroissial «Horizonte» dans le canton d’Argovie.

Note aux rédactions: Des photos illustrant ce sujet peuvent être commandées à l’Apic:

kipa@kipa-apic.ch. Prix: 80 frs la première, 60 frs les suivantes.

(apic/mb/gs/bb)

22 juillet 2008 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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Septième volet de cette série avec un Chemin biblique à cheval entre Berne et Soleure.

Comment concilier spiritualité, culture et loisir? Pour cette période de vacances estivales, l’Apic propose jusqu’à mi-juillet huit sorties ou randonnées à caractère religieux dans différentes régions de la Suisse, que les journalistes de notre agence ont

Soleure: Chemin biblique le long de l’Emme, entre Gerlafingen et Utzenstorf

Un voyage de 4’000 ans au milieu des chants d’oiseaux

Josef Bossart, Apic / Traduction: Bernard Bovigny

Gerlafingen, 18 juillet 2008 (Apic) Une charmante réserve naturelle le long de la rivière Emme, entre Gerlafingen (Soleure) et Utzenstorf (Berne). C’est dans ce cadre engageant que se déroule un voyage dans le passé de 4’000 ans. Le promeneur part de l’an 2’000 ans pour rejoindre 2’000 av. J.C., sur un chemin biblique égayé de chants d’oiseaux. Le parcours de deux heures et demie, sur quatre kilomètres, livre des informations fort intéressantes, grâce à d’excellents panneaux aux textes bien adaptés. En prime: emplacements pour les grillades et possibilités de se baigner le long du parcours.

Déjà à la gare de Gerlafingen un panneau indicateur orange montre la direction du Chemin biblique (»Bibelweg»), par le passage sous-voie. Quelques minutes plus tard, on se trouve sur la place de parc de l’entreprise Stahl AG. Des jardins familiaux luxuriants conduisent à ce chemin biblique, dont le parcours raconte l’histoire du Salut, mètre par mètre. Des dates clés ponctuent 4’000 ans d’histoire sur 4’000 mètres.

Le parcours débute sur un tronçon asphalté. Déjà après 11 mètres, intervient le premier événement: la chute du Mur de Berlin en 1989. Après 61 mètres on découvre la Seconde guerre mondiale en 1939. Avec cette indication: «Le 1er septembre 1939 éclate la 2e guerre mondiale. Les batailles criminelles et insensées ont duré près de 6 ans. En Europe s’installe le régime purement arbitraire des nazis. Persécutions, camps de concentration, terreur et haine raciale font des millions de victimes. En particulier les juifs, mais aussi les roms, les sintis, les handicapés et les malades ont été persécutés par ce régime. L’Occident chrétien a oublié que Jésus Christ lui-même était un juif et que le christianisme tire ses racines de l’Ancien Testament, la Bible des juifs».

Entre étang, rivière et forêt

Ainsi, le parcours propose un voyage dans le passé, pas après pas. Après 152 mètres apparaît, en 1848, la fondation de l’Etat fédéral en Suisse. C’est là que débute un chemin naturel en ligne droite, plat et agréable à emprunter. Sur la gauche, toutes sortes d’oiseux nagent paisiblement dans l’étang de Gerlafingen. A droite du chemin, la rivière Emme suit gracieusement son cours. Une végétation généreuse s’offre au promeneur sur les tronçons qui traversent la forêt.

Après 477 mètres – nous sommes donc en 1523 – apparaît la «Dispute de Zürich». Ulrich Zwingli introduit la Réforme à Zürich au terme de débats très animés. On peut lire sur le panneau: «La Réforme vise, dans un Moyen-Âge clinquant, au renouvellement urgent de l’ensemble de l’Eglise, mais elle a également provoqué une séparation».

Puis viennent le Serment du Grütli en 1291, la séparation entre l’Eglise d’Orient et d’Occident en 1054, l’apparition des premiers couvents chrétiens en Chine en 781, ainsi que la venue des moines irlandais Colomban et Gall sur le territoire de la Suisse actuelle, en 610, pour propager la foi chrétienne.

La Bible apparaît pour la première fois sur le Chemin biblique après 1’633 mètres. Le panneau de l’année 367 a pour titre «La Bible est complète». Athanase, évêque d’Alexandrie en Egypte, avait alors cité dans sa lettre de Pâques les 27 livres qui, depuis, font partie du Nouveau Testament.

Vandalisme sur un panneau juif

Croix gammée et injures inscrites par des vandales. C’est ce que rencontre le promeneur au panneau no 15, consacré à la destruction du Temple juif à Jérusalem en l’an 70. Puis suivent à un rythme très rapproché des événements chrétiens majeurs: «L’assemblée des apôtres décide de partir en mission» en l’an 48, «Crucifixion et résurrection de Jésus» en l’an 32 et «Activité publique de Jésus» en 29.

Exactement 2’000 mètres après le départ du Chemin biblique se trouve le «Changement d’ère» avec l’an 0, et 6 mètres plus loin arrive la «naissance de Jésus»: «Que Jésus ait vécu est un fait historique. Qu’il soit le Messie attendu – le sauveur – ne peut être jugé que du point de vue de la foi. En se fiant aux données contenues dans l’Evangile de Luc, il devrait être né vers l’an 6 avant notre ère».

Plus le promeneur avance dans le passé évoqué par l’Ancien Testament, plus la distance entre les panneaux s’agrandit et plus les indications sont intéressantes pour rafraîchir sa mémoire. Cela s’applique déjà avec la prise par les Romains de la grande ville de Jérusalem, avec ses 25’000 habitants, en 63 avant J.-C., avec la destruction de Jérusalem par les Babyloniens en 587 av. J.-C., ainsi que la libération par Moïse du peuple d’Israël en Egypte en 1250 av. J.-C.

Abraham, Père des croyants

Le dernier panneau du Chemin biblique, après 4’000 mètres, est consacré à Abraham, le Père des croyants, et remonte à 2’000 av. J.-C. «Le personnage d’Abraham est difficile à cerner du point de vue historique», mentionne le panneau. «Mais le lecteur de la Bible fait connaissance avec une famille, qui doit trouver son chemin dans le nomadisme. Ainsi débute l’histoire d’Abraham avec l’appel de Dieu à découvrir un nouveau pays inconnu». Quant au promeneur, ce n’est pas un chemin inconnu qu’il va poursuivre. Un panneau indicateur, sur sa gauche, l’invite à quitter les bords de l’Emme pour se rendre à Utzenstorf. Après quelques centaines de mètres sur route goudronnée, au sortir d’un virage très serré, il arrive au château entouré d’eau de Landshut, avec son parc somptueux et son Musée suisse de la faune et de la chasse.

Un brin d’amertume reste dans la bouche. Les pages sombres de la chrétienté occidentale, comme les Croisades, n’apparaissent nulle part sur les 34 panneaux du Chemin biblique. Le projet a été lancé par L’Eglise évangélique méthodiste de Gerlafingen et a pris forme en 2001 dans le cadre de la catéchèse. Une attention particulière a ainsi été portée à la compréhension des messages par les enfants dès 8 ans et les jeunes. Des livrets d’accompagnement peuvent être obtenus dans les gares de Gerlafingen et Utzenstorf.

Encadré:

Indications pratiques

En train, Gerlafingen peut être rejoint par Burgdorf ou Soleure. Pour le retour d’Utzenstorf à Gerlafingen, ou pour la poursuite du trajet à partir d’Utzenstorf, les indications sont à trouver sur le site internet www.cff.ch . En voiture, quitter l’autoroute A1 à Kriegstetten en direction de Biberist. Des places de parc se trouvent à la gare de Gerlafingen. Le retour d’Utzenstorf à Gerlafingen peut se faire en train.

Sites internet: www.bibelweg.ch; www.schlosslandshut.ch/

Note aux rédactions: Des photos illustrant ce sujet peuvent être commandées à l’Apic:

kipa@kipa-apic.ch. Prix: 80 frs la première, 60 frs les suivantes.

(apic/job/bb)

18 juillet 2008 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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