L'Hôpital universitaire de Zurich a accueilli des victimes de Crans-Montana | wikimedia commons CC-BY-SA-2.0
Suisse

Comment l’hôpital de Zurich a accueilli les brûlés de Crans Montana

Le jour de l’An 2026, Bernd Siemes, aumônier catholique, à l’Hôpital universitaire de Zurich, a été réveillé tôt le matin pour participer à la mise en place en urgence du centre d’accueil pour les proches des victimes gravement brûlées, dans l’incendie d’un bar à Crans-Montana.

Regula Pfeifer kath.ch / Traduction et adaptation Maurice Page

Vous êtes responsable de l’aumônerie catholique à l’Hôpital universitaire de Zurich, où ont été admis des grands brûlés de Crans-Montana. Comment avez-vous vécu cette situation d’urgence ?
Bernd Siemes: Je suis également responsable du careteam de l’hôpital universitaire de Zurich. C’est à ce titre que j’ai été rappelé de mes vacances le jour de l’An. Le 1er janvier, à 7h30, le téléphone a sonné. C’était l’appel d’alarme qui est envoyé aux membres de la direction de l’hôpital en cas d’urgence. À 9 heures, nous avons tenu notre première conférence, à 11 heures la deuxième, et ainsi de suite.
Nous avons d’abord discuté de ce qui était prioritaire. Il est rapidement apparu que nous devions mettre en place un point de contact pour les proches. Nous avons discuté par téléphone pour déterminer qui pouvait faire quoi. Je suis ensuite reparti de mon lieu de vacances pour Zurich. Je suis arrivé dans la soirée.

Qu’avez-vous trouvé à l’hôpital universitaire ?
Lorsque je suis arrivé, des collègues du centre d’accueil pour les proches, mis en place ad hoc, étaient déjà sur place. Elles avaient déjà accueilli la plupart des proches. Les premiers étaient arrivés à 10h, la plupart des autres dans l’après-midi. Tout s’est passé très vite, je ne m’y attendais pas.

Comment avez-vous organisé le centre d’accueil ?
Pour cela, il y a des boîtes contenant le matériel et les plans nécessaires dans une salle prévue à cet effet. Nous sommes entraînés à gérer ce type de situation d’urgence. Les plans indiquent notamment comment nous devons aborder les proches et enregistrer les données. Nous leur demandons qui ils recherchent et quelles sont les caractéristiques de la personne recherchée. Et nous enregistrons tout dans le système.

Quels types de caractéristiques ?
La couleur des cheveux, par exemple. La particularité des victimes de l’incendie était que les caractéristiques n’avaient pas grande importance, car les personnes n’étaient souvent pas même reconnaissables.

Quand avez-vous pu identifier quels patients se trouvaient à Zurich?
Nous avons pu réunir neuf patients et leurs proches le soir même. Nous savions qui étaient deux d’entre eux, mais leurs proches n’étaient pas encore arrivés. Le soir du Nouvel An, l’identité de quatre patients était encore incertaine. L’Institut médico-légal est alors intervenu. Depuis dimanche, tous les patients ont été identifiés.

Comment ont été reçus les proches?
Tous les proches ont d’abord été envoyés à notre point de contact. Là, une personne était chargée de s’occuper de chaque groupe. Nous les avons pris en charge et leur avons fourni des repas. Nous avons vérifié si un patient était présent. Si tel était le cas, les membres de l’équipe d’assistance accompagnaient les proches jusqu’à l’unité de soins intensifs.
Je n’ai pas moi-même été en contact direct avec les patients ou les proches. J’étais chargé en coulisses de l’organisation de l’accompagnement.

Comment se poursuit l’accompagnement des proches?
Le 5 janvier, six victimes de l’incendie de Crans-Montana étaient encore en traitement à Zurich. Nous avons pu transférer les autres vers des hôpitaux en Suisse et à l’étranger. Au sein de l’aumônerie, nous discutons de la manière dont nous pouvons mettre en place un accompagnement à long terme des victimes et de leurs proches. Le processus de guérison des brûlures est très long, et l’accompagnement spirituel pourrait donc également être nécessaire pendant une longue période.

Le personnel soignant a aussi été touché.
Nous essayons également de soutenir au mieux les collaborateurs de l’hôpital. Une bougie brûle dans la chapelle de l’hôpital en signe de solidarité avec toutes les personnes touchées. Nous réfléchissons également à la manière dont nous pourrons participer à la journée de commémoration des victimes de Crans-Montana le 9 janvier. Outre l’accompagnement spirituel, l’équipe d’aide aux proches est également disponible 24 heures sur 24 si nécessaire. (kath.ch/cath.ch/mp)

L'Hôpital universitaire de Zurich a accueilli des victimes de Crans-Montana | wikimedia commons CC-BY-SA-2.0
6 janvier 2026 | 15:46
par Maurice Page
Temps de lecture : env. 3  min.
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