Commission sociale de l’épiscopat : «Drogue, Eglise et société», Paris, 1997, Coédition Centurion/Cerf, 336 p.

France : Le Groupe des Dombes fête 60 ans de dialogue et de recherche œcuméniques

40 théologiens catholiques et protestants réfléchissent ensemble

Paris, 15 octobre 1997 (APIC) Créé en France en 1937 par l’abbé Paul Couturier, le Groupe des Dombes fête 60 ans de dialogue et de recherche oecuméniques. Le groupe tire son nom de l’abbaye de Notre-Dame des Dombes (près de Lyon) où il longtemps tenu ses sessions d’automne. Il rassemble une quarantaine de théologiens protestants et catholiques. Son caractère non officiel leur a permis de confronter avec une plus grande liberté les positions respectives de leurs Eglises sur des points qui font encore obstacle à l’unité entre les chrétiens.

En 60 ans d’existence et de travaux, ce groupe non officiel a vécu sa recherche commune et fraternelle d’une théologie qui se voulait «toute ruisselante de prière» et a engagé toutes ses recherches en vue d’»ouvrir des pistes de convergence» pour les différentes Eglises chrétiennes. Le Groupe a achevé le 4 septembre dernier le second volume de son document sur «Marie dans le dessein de Dieu et la communion des Saints»

40 membres

Le Groupe est né en 1937 de l’initiative d’un pionnier de l’oecuménisme, l’abbé Paul Couturier (Lyon), qui convoqua pour la première fois à l’abbaye Notre-Dame des Dombes, dans l’Ain, une réunion de théologiens pasteurs luthéro-réformés et catholiques. A quelques semaines d’intervalle, se tenaient à Oxford la deuxième conférence universelle du «Christianisme pratique» (Vie et Action) et, à Edimbourg, la deuxième conférence universelle de «Foi et Constitution», devenu un département théologique majeur du Conseil Oecuménique des Eglises (COE). Cette même année aussi, le Père Yves-Marie Congar publiait son livre : «Chrétiens désunis».

Le Groupe des Dombes est composé de quarante membres : vingt des Eglises issues de la Réforme (luthériens, réformés), vingt de l’Eglise catholique. Tous exercent un ministère dans leur Eglise, en France ou en Suisse. Mais malgré ces liens institutionnels, le Groupe est resté un groupe privé, où les membres sont cooptés par leurs pairs et deviennent membres honoraires non participants lorsqu’ils atteignent l’âge de 75 ans. Ce sont des théologiens, souvent professeurs de théologie, et des pasteurs. Certains sont des religieux de vie active ou contemplative.

L’abbaye Notre-Dame des Dombes, située entre Lyon et Bourg-en-Bresse, ne pourra plus, pour des raisons matérielles, recevoir dorénavant cette retraite studieuse de septembre. Mais elle laisse son nom au Groupe et continue d’en assurer le secrétariat .

«Ouvrir des pistes de convergence»

«Les participants des semaines des Dombes ont élaboré un esprit que ne renierait pas l’initiateur et qui se transmet des vétérans aux plus jeunes», souligne Mgr Damien Sicard, membre catholique du Groupe depuis 1986. «L’esprit du groupe des Dombes, dit-il, c’est d’abord : chercher l’unité en se concentrant sur la réalité primordiale». Chaque fois que le groupe se réunit, il porte dans la prière et dans l’échange fraternel le souci premier de communier à l’essentiel, «c’est-à-dire par Jésus Christ se révélant et se communiquant à son Eglise dans l’unité du Saint-Esprit».

Ce regard sur le Christ a évité au Groupe de se contenter d’un «minimum», qui ne serait qu’une façade sur les désaccords existant, ou de prétendre à un «maximum», en enjambant les désaccords sans s’y confronter vraiment. Deuxième caractéristique de l’esprit des Dombes : «soumettre le donné de la foi à la recherche de la substance de l’Evangile». Cette précaution a paru indispensable pour exprimer au mieux la foi sans rester prisonnier des formulations théologiques. Tout discours théologique court, en effet, le risque, observaient les co-présidents du Groupe en 1979, de devenir «la carapace qui protège la vérité et non la tradition qui l’exprime». L’Evangile, aime redire le Groupe, c’est avant «la personne et l’oeuvre du Christ Jésus». C’est par rapport au mystère du Christ que doit s’apprécier la consistance et la volonté de fidélité des diverses positions chrétiennes. Ce qui les met déjà sur le chemin de la réconciliation.

Enfin, l’esprit des Dombes implique de «prendre la mesure de la ’conversion confessionnelle’ à opérer», insiste encore Mgr Sicard. La rencontre oecuménique interroge les habitudes héritées et cultivées par chacun dans le cadre de sa tradition ecclésiale. Chacun est ainsi amené à mettre en cause les représentations voire les caricatures qu’il se fait de la position de l’autre. Pour le Groupe des Dombes, l’identité de chaque confession ne peut se manifester ni s’approfondir sans conversion permanente. (apic/cip/snop/mp)

10 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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