Suisse: La Compagnie de Jésus fête les 200 ans de sa restauration

Comprendre son passé pour vivre sa mission

Fribourg, 3 octobre 2014 (Apic) Fait rarissime dans l’histoire de l’Eglise, la Compagnie de Jésus a été rayée de la carte ecclésiale par le pape Pie VII durant plus de 40 ans – de 1773 à 1814. Pour marquer les 200 ans de son rétablissement, les jésuites de Suisse ont organisé une série de conférences, de célébrations et de colloques, dont un congrès intitulé «Le rétablissement de la Société de Jésus» qui se déroule du 2 au 4 octobre 2014 à l’université de Fribourg.

Actif dans l’organisation du colloque auquel participent une quinzaine de conférenciers, le Père jésuite Paul Oberholzer en explique la visée: «Cette série de conférences s’est donnée pour but de scruter l’évolution de la Compagnie et de la société au début du XIXème siècle. C’est une période que l’on connaît assez peu, moins que les origines de l’ordre qui ont été l’objet de nombreuses études. A travers ces conférences, précise le responsable de la bibliothèque de la Province jésuite de Suisse à Bâle, nous avons également essayé de prendre une certaine distance par rapport aux clés de lecture habituelles – le Kulturkampf notamment – pour poser sur ces événements un regard nouveau.»

Si ce cycle de conférences poursuit d’abord un but historique, ce travail de mémoire constitue également un élément déterminant pour définir l’identité de l’ordre et sa mission dans la société contemporaine. Selon le Père Adolfo Nicolas, supérieur général de l’ordre, «qui perd la mémoire de son passé ne sait pas qu’il est». La capacité de ressaisir sa propre histoire est de s’y confronter confirme donc l’identité et l’orientation actuelle de toute la Compagnie.

Trouver Dieu en toutes choses

Et cette identité spécifique, charisme propre des jésuites, peut se résumer en une brève sentence: «trouver Dieu en toutes choses». «Au fondement de la vie et de la mission de tout jésuite se trouve une expérience qui le place avec le Christ au cœur du monde», stipule le décret de la 35ème Congrégation générale de l’ordre (2008). Or, cette expérience n’est pas une «pure fondation», elle est «vivante, continue, nourrie et approfondie par la vie jésuite en communauté et en mission». Une polarité constitutive imprègne donc la vie d’un jésuite: la tension qu’induit l’enracinement en Dieu et l’immersion dans le monde.

Cet effort de synthèse est, d’une certaine manière, l’antithèse du figé. «Le fait d’être en chemin est l’un des traits caractéristiques de l’identité jésuite», affirme le Père Adolfo Nicolas. Si cette quête implique une grande acuité, elle induit parfois une certaine prise de risques – et l’histoire de l’ordre est là pour révéler quelques tâtonnements. Malgré cela, cette tension fondamentale s’est vue comme canonisée dans l’exhortation apostolique de François, le plus jésuite des papes: ” je préfère une Église accidentée, blessée et sale pour être sortie par les chemins, plutôt qu’une Église malade de la fermeture et du confort de s’accrocher à ses propres sécurités».

Encadré: Les jésuites en Suisse

Actuellement 58 jésuites font partie de la Province de Suisse et sont engagés dans divers champs d’activité. Ils ont entre 30 et 95 ans et vivent en petites communautés à Bad Schönbrunn près de Zoug, à Bâle, à Villars-sur-Glâne, à Genève, à Lucerne et à Zurich. Quelques jésuites suisses vivent également à l’étranger, en Allemagne, en France, en Italie en Indonésie ou encore en Chine. (apic/com/pp)

3 octobre 2014 | 18:27
par webmaster@kath.ch
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