Guerre et violence au nom de Dieu: plus jamais!

Conclusion de la rencontre interreligieuse d’Assise

Assise, 25 janvier 2002 (APIC) Le pape Jean Paul II a apporté jeudi la conclusion à la Journée de prière pour la paix, convoquée à Assise. «Plus jamais la violence! Plus jamais la guerre! Plus jamais le terrorisme! Au nom de Dieu, que chaque religion porte sur la terre la justice, la paix, le pardon, la vie et l’amour!», a-t-il lancé avant de se lever, suivi des autres participants, afin de déposer leurs bougies sur un support qui avait été installé entre les participants et l’assemblée.

«Au nom de Dieu, allons tisser la paix avec le fil d’or de la justice, de la liberté et du pardon», a enfin déclaré le pape, concluant ainsi la troisième rencontre interreligieuse de son pontificat qu’il a convoquée à Assise. Il s’est ensuite rendu en visite privée chez les franciscains et les clarisses de Sainte-Marie des Anges, avant de reprendre le train avec les participants en direction de Rome.

Auparavant, dans l’après-midi, les chefs religieux s’étaient retrouvés sur la place inférieure de la basilique Saint-François d’Assise, après avoir prié séparément dans diverses salles prévues pour cette occasion. Un déjeuner «frugal» avait suivi ce moment de prière, ainsi qu’un court instant de repos, malgré le retard pris sur le programme.

Après les «témoignages» du matin, les représentants des principales religions dans le monde s’étaient retirés chacun dans une salle particulière du couvent franciscain pour un moment de prière. Les musulmans avaient été installés dans la plus vieille salle du couvent datant du 13ème siècle, la seule tournée vers La Mecque. Quant aux juifs, ils avaient demandé une salle qui n’ait jamais été bénie auparavant, alors que les zoroastriens avaient préféré une salle avec fenêtre afin de pouvoir y faire un feu. Un déjeuner rapide de légumes et de pâtes avait suivi dans le réfectoire du monastère.

Engagement

«Nous nous engageons à dialoguer avec sincérité et patience, sans considérer nos différences comme un mur infranchissable», a déclaré un représentant musulman une bougie à la main, alors que tous les chefs religieux s’étaient retrouvés sous la tente pour la dernière cérémonie de la journée. Tous les chefs religieux venaient de recevoir un lumignon, symbole de leur engagement pour la paix et contre le terrorisme. Certains d’entre eux ont ensuite lu une brève déclaration, différente suivant la langue.

«Nous nous engageons à demander aux responsables des nations de faire tous leurs efforts pour qu’aux niveaux national et international, puisse se construire et se consolider un monde de solidarité et de paix basé sur la justice», a déclaré le rabbin français Samuel-René Sirat en hébreu.

«Nous nous engageons à promouvoir la culture du dialogue, pour que grandissent la compréhension et la confiance réciproque entre les individus et les peuples», a ensuite lu en russe le métropolite Pitrim, vicaire patriarcal de Moscou.

Pour sa part, le métropolite serbe orthodoxe a lu dans sa langue, un engagement «à défendre le droit de toutes personnes à vivre une existence digne selon l’identité culturelle de chacun». L’évêque orthodoxe de Chypre a ensuite lu en grec une déclaration dans laquelle les chefs religieux s’engagent «à se pardonner réciproquement les erreurs et les préjugés du passés et du présent». Quelques instants auparavant, Konrad Raiser, président du Conseil oecuménique des Eglises, avait lu en allemand un engagement «à condamner tout recours à la violence et à la guerre au nom de Dieu ou de la religion».

D’autres engagements au respect des autres ethnies, cultures et religions, à aider ceux qui souffrent ou qui sont abandonnés et à la paix ont en outre été lus en punjabi par un sikh, en coréen par un confucianiste et en anglais par un protestant. (apic/imed/pr)

25 janvier 2002 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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