Cambodge: Dix femmes et un moine se battant contre leur expulsion arrêtés
Condamnés à un an de prison et à une amende de 490 dollars
Phnom Penh, 15 novembre 2014 (Apic) Au cours des 4 derniers jours, les autorités cambodgiennes ont arrêté, jugé et condamné onze activistes se battant contre leur expulsion. Ils ont fini menottes aux poignets pour avoir participé à des manifestations pacifiques relatives à l’évacuation forcée dans la zone du Lac Boeung Kak, au centre de Phnom Penh, rapporte le 14 novembre 2014 l’agence catholique Misna.
Les activistes pour le droit au logement, dix femmes et un homme – un moine – ont été condamnés à un an de prison et à une amende de 490 dollars chacun.
«Les procès et condamnations expéditifs rappellent une fois de plus que les droits censés garantir un procès équitable respectant aussi bien le droit cambodgien que celui international sont régulièrement bafoués par ceux qui se doivent de les protéger», a déclaré Brad Adams, directeur du programme pour le Sud-est asiatique de l’ONG Human Rights Watch. «Les autorités cambodgiennes doivent inverser cette tendance dangereuse qui vise à criminaliser toute implication pour les droits de l’Homme et à transformer le système judiciaire en un instrument d’oppression».
Un bassin hydrique transformé en décharge
Shukaku, une entreprise privée, a obtenu pendant 99 ans la concession des terrains de la zone du Lac Boeung Kak et a transformé le bassin hydrique en décharge. Cela a entraîné des conflits et des évacuations forcées, l’utilisation des zones alentours – où vivent 4’200 familles- leur ayant été concédée. L’entreprise Shukaku est soutenue par un sénateur du parti du gouvernement du Cambodge, le Parti du peuple cambodgien (CPP), rappelle Misna. Des milliers de familles ont été expulsées, alors que les habitants restés sur place sont soumis à diverses intimidations et souffrent des conséquences de l’exploitation commerciale du Lac. Depuis 2007, les activistes mènent des manifestations pacifiques et des réunions publiques visant à lutter contre l’expropriation.
«Ce dernier coup de vis du gouvernement cambodgien contre la manifestation pacifique – a déclaré Adams – dévoile le vrai visage des promesses de réformes démocratiques. (…) Les pays donateurs devraient condamner publiquement cette vague croissante d’abus. Interdire la liberté d’expression ne fera qu’encourager le parti au gouvernement à fermer ultérieurement l’espace politique et à freiner tout espoir pour le progrès en vue d’une véritable démocratie multipartite». (apic/misna/pl/ft/bb)



