Gaza: Un an après, Gaza se souvient et demande justice

Conditions inacceptables pour la population palestinienne

Gaza, 28 décembre 2009 (Apic) Les commémorations du premier anniversaire de l’opération israélienne Plomb durci contre la bande de Gaza ont débuté à 11h25 au son des sirènes, à la même heure que les bombardements de l’aviation israélienne qui, l’an dernier, marquèrent le coup d’envoi de trois semaines de violences. 1’400 palestiniens ont été tués durant cette attaque, pour la plupart des civils, de nombreux enfants.

Tout au long de la journée d’hier des manifestations dans les Territoires palestiniens et dans d’autres régions du monde ont rappelé une des pages les plus sombres de l’histoire récente du Proche-Orient.

Dans une déclaration publique, le Secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon a exprimé sa préoccupation pour l’absence «un an après la fin du conflit, d’un cessez-le-feu durable», preuve en est la double incursion militaire israélienne dans les Territoires palestiniens (dans la bande de Gaza et à Naplouse, en Cisjordanie) quelques heures avant les commémorations, ayant coûté la vie à six personnes.

Un an après l’attaque israélienne, le premier anniversaire de l’agression a été dominé par les appels insistants à mettre fin à l’état de siège contre Gaza imposé par Israël et l’Egypte. Ki-moon l’a qualifié d’ «inacceptable et contre-productif» et en a demandé la levée.

«La qualité et la quantité des biens humanitaires qui entrent à Gaza sont insuffisants. La vaste activité de reconstruction économique et sociale qui aurait dû suivre le conflit est paralysée et aucun des droits essentiels n’est garanti aux personnes établies à Gaza», a ajouté Ban Ki-moon par le biais de son porte-parole.

De leurs côtés, le chef du Hamas à Gaza, Ismaël Haniyeh, ainsi que le président de l’Autorité nationale palestinienne (Anp), Mohammed Abbas, ont souligné la nécessité de poursuivre en justice les responsables israéliens des crimes de guerre commis à Gaza l’an dernier.

Si Haniyeh a demandé aux Nations Unies de ne pas permettre à «Israël d’échapper à la justice», Abbas a ouvertement parlé de «criminels de guerre». Un rapport de 575 pages réalisé par la mission d’enquête instituée par les Nations Unies pour faire toute la lumière sur l’opération «Plomb durci» et présenté fin septembre définit l’offensive israélienne sur Gaza d’ «attaque planifiée et délibérément disproportionnée, pensée pour punir, humilier et terroriser la population civile, pour réduire radicalement sa capacité économique et d’auto-subsistance, la contraindre à une dépendance et vulnérabilité croissantes».

Le rapport Goldstone, du nom du juge sud-africain d’origine juive, Richard Goldstone, à la direction de la mission, accuse les hommes du Hamas comme ceux des forces armées israéliennes d’avoir commis des crimes de guerre, mais souligne que les responsabilités plus lourdes sont celles de l’armée de Tel-Aviv et du gouvernement israélien, bien supérieures à celles des palestiniens.

Accueilli positivement par les palestiniens mais rejeté par Tel-Aviv, le rapport Goldstone recommandait la fin du blocus israélien sur Gaza, la création d’une commission d’enquête pour les crimes de guerre présumés commis durant les 22 jours d’offensive armée en territoire palestinien, déjà terrassé par trois ans de blocus total. La plupart des maisons détruites durant l’agression israélienne ne sont toujours pas reconstruites. (apic/misna/pr)

28 décembre 2009 | 16:13
par webmaster@kath.ch
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