Kenya: Divergences entre pasteurs au sujet de la nouvelle Constitution en projet
Conflit de génération ou fossé entre jeunes et anciens
Nairobi, 30 juillet 2010 (Apic) Conflit de génération chez les pasteurs du Kenya. Divergences politiques du même coup, au sujet de la nouvelle Constitution que le pays envisage de se donner. Plusieurs responsables d’Eglise protestants à la retraite se sont en effet démarqués de leurs successeurs en affichant leur soutien à cette nouvelle Constitution.
Ce projet controversé est «un moindre mal» et le rejeter reviendrait à «jeter le bébé avec l’eau du bain», argumentent les pasteurs à la retraite. Un point de vue que ne partage pas leurs collègues, plus jeunes, qui estiment que la nouvelle Constitution légitimerait l’avortement et les tribunaux islamiques, et qu’elle limiterait la liberté religieuse.
«Les quelques responsables d’Eglise qui s’opposent à ce projet de Constitution feraient bien de demander l’avis d’un expert sur les dispositions qu’ils jugent controversées», a pour sa part commenté l’archevêque anglican à la retraite David Gitari. «Il est regrettable que des membres du clergé se soient ligués pour fourvoyer les citoyens au sujet de la loi proposée». Ces pasteurs, assène-t-il, «pourraient ne jamais voir le royaume de Dieu, je le crains».
Les Kenyans se rendront aux urnes le 4 août pour se prononcer par référendum sur le projet de Constitution, qui vise à remplacer celle qui était en place depuis l’indépendance du pays vis-à-vis du Royaume-Uni, en 1963. Pour ses partisans, la nouvelle constitution permettra de limiter les pouvoirs présidentiels et de renforcer les libertés des citoyens ordinaires.
Timothy Njoya, pasteur retraité de l’Eglise presbytérienne d’Afrique de l’Est, et Peter Njenga, évêque anglican à la retraite, font écho à l’archevêque Gitari. Ils considèrent que la constitution proposée récompense les campagnes qu’ils ont menées en vue d’une réforme juridique.
Les sondages indiquent que la nouvelle Constitution est susceptible de recueillir plus de 50% d’adhésion lors du référendum.
Le point de vue des responsables d’Eglise à la retraite va à l’encontre de la position des responsables de la plupart des Eglises kenyanes, qui ont déclaré qu’ils se mobiliseraient en faveur du «non» au référendum, à moins que les questions litigieuses ne soient résolues d’ici le scrutin. (apic/eni/pr)



