Malgré les appels, silence radio des diplomates et de l’ONU
Congo-Brazzaville: 7 ans de misère pour les réfugiés rwandais et burundais
Brazzaville, 1er février 2001 (APIC) La situation n’a pas changé. Les réfugiés sont au bord de la détresse, abandonnés à eux-mêmes. C’est l’appel de détresse lancé par Aloysius Bayingana, responsable du Comité directeur du Camp de Kintélé, un camp de réfugiés rwandais et burundais, situé à 25 km du nord de Brazzaville. Pour la plupart, ces réfugiés sont arrivés au Congo-Brazzaville en 1994.
Le 5 décembre 2000, le Comité directeur a adressé un Mémoire au Bureau du Haut-Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés à Kinshasa et à Brazzaville, ainsi qu’à l’ensemble des représentations diplomatiques à Brazzaville. Le document présentait les conditions actuelles de vie des réfugiés rwandais et burundais au Congo-Brazzaville. Les réfugiés ont voulu rompre le silence, à l’occasion du 50ème anniversaire du Haut-Commissariat pour les Réfugiés (HCR).
Selon ce Comité, aucun des destinataires de ce document n’a été sensible à la détresse de ces gens. Il n’y a eu aucune réponse. Depuis le 31 décembre 1999, toute assistance a cessé de la part des Organismes des Nations Unies à Brazzaville. «Et pourtant, selon le HCR, la suspension de cette assistance devait être conditionnée d’abord par l’installation, puis par l’intégration dans des villages; ce qui n’a pas été le cas» déclare le Comité dans son Mémoire.
Le camp de Kintélé manque d’eau potable. Après l’école, les enfants doivent aller chercher de l’eau au fleuve Congo ou à des sources situées à un kilomètre, dans un ravin profond de 80 mètres. Les plus grands travaillent aussi dans les champs. La santé des réfugiés se dégrade régulièrement : 634 enfants et 463 femmes sont en danger. Il n’y a pas de prise en charge pour le matériel médical et les médicaments. Les réfugiés, pour la plupart, n’ont pas même d’abris convenables, ils s’entassent dans des tentes et sont exposés aux intempéries.
Il y a six mois déjà, un Père salésien avait lancé un cri d’alarme en leur faveur. En vain. leur faveur. Personne ne s’est occupé du sort tragique de ces réfugiés, qui désirent comme le souligne le document, «être reconnus comme personnes humaines, avec leurs devoirs, mais aussi avec leurs droits». (apic/fs/pr)



