Morts par dizaines, blessés par centaines, réfugiés par milliers

Congo-Brazzaville: l’armée bombarde la ville de Nkayi

Nkayi, 28 décembre 1998 (APIC) Selon une source missionnaire locale, la ville de Nkayi, à 90 kilomètres de Dolisie, au nord-ouest du Congo-Brazaville, a été la proie de violents bombardements à l’arme lourde dans la nuit de samedi à dimanche. Cette ville de 65’000 habitants, la quatrième du pays, a subi de lourdes pertes humaines. Les morts se comptent par dizaines et les blessés par centaines.

La population de la ville a été surprise en pleine nuit par le bombardement et n’a pas eu le temps de fuir, a précisé par téléphone à l’APIC, une source religieuse sur place qui a demandé l’anonymat.

Les autorités congolaises ont décidé lundi de l’évacuation de la ville et quelque 30’000 personnes devraient arriver à Dolisie dans la soirée, indique la même source. Plus grave encore on parle sur place de «triage». Tous les jeunes hommes entre 15 à 30 ans sont voués à l’extermination sur le modèle de ce qui s’est fait dans certains quartiers sud de Brazzaville pour le simple fait d’appartenir à une région opposée au président.

Toujours selon la même source, la France soutiendrait cette action menée par les troupes loyales au gouvernement formées de Tchadiens, d’Angolais et de Rwandais et chercherait à minimiser la gravité des événements. «Ainsi alors qu’on annonce toujours sur les radios être sans nouvelles d’un Français disparu sur place, le consul de France sait depuis au moins une semaine qu’il a été abattu et nous avons vu son corps qui a été transporté à Dolisie».

Le plus grave problème est d’ordre humanitaire. Les dizaines de milliers de réfugiés, dont un grand nombre de blessés sont partis sans rien emporter. «La Croix-Rouge n’est pas encore sur place et les autorités de Brazzaville ne semblent rien vouloir entreprendre pour les secourir malgré nos appels», indique la même source.

Le Comité international de la Croix-Rouge interrogé a Genève confirme ne pas encore avoir pu intervenir pour des raisons de sécurité. (apic/mp)

27 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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