Les plus démunis passent une journée ou plus sans repas

Congo Brazzaville: L’Eglise lance une enquête sociale « approfondie » sur l’état des lieux

Brazzaville, 2 octobre (Apic) Sensibilisée depuis longtemps sur les questions de la lutte contre la pauvreté, et désireuse d’apporter sa contribution au processus stratégique national de réduction de la pauvreté (PSRP), l’Eglise catholique du Congo Brazzaville a mené une enquête sociale approfondie sur la « grande pauvreté » dans le pays. Où plus de la moitié des démunis passent une journée ou plus sans repas.

Menée auprès de 80’728 congolais, représentant 12’908 ménages, ses résultats viennent d’être publiés.

Cette enquête a été organisée et exécutée conjointement par les structures relevant de l’Eglise congolaise: Caritas-Congo, la Commission épiscopale Justice et Paix, ainsi que par ses différents partenaires habituels: le secours Catholique (Caritas-France), le C.R.S (Caritas Relief Service-Caritas Etats-Unis), Misereor, entre autres.

Selon un résumé du rapport publié le 29 septembre dernier par plusieurs sites internet, sur les 80’728 congolais concernés par l’étude, 30’082 (4’980 ménages) figurent parmi les plus pauvres.

Le traitement et l’analyse des informations recueillies permettent aussi de dresser «une meilleure photographie» des populations qui « survivent dans l’extrême pauvreté ». A ce sujet, relève l’enquête ecclésiale, ce qui caractérisent ces plus pauvres, c’est qu’ils vivent dans des logements « exigus et de qualité médiocre ». Ainsi 30 % des chefs de ménage pauvres sont locataires et vivent en ville où la vie parait plus chers, contre 19,10% en zone rurale, alors que 18,70% d’entre eux sont logés chez leurs parents

L’enquête montre aussi que les ménages pauvres sont composés de six personnes en moyenne, et 77,80% de leurs lieux d’habitation ne comportent pas plus de trois pièces. S’y ajoutent des difficultés à se nourrir convenablement, d’accéder à l’eau potable, de se procurer l’énergie nécessaire, d’avoir un emploi décent et suffisamment rémunérateur.

Selon l’enquête, 58,50% des démunis passent une journée ou plus sans repas, 91% conservent l’eau dans des bidons de 25 litres compte tenu de l’éloignement des points d’eau et sont obligés, en zone rurale par exemple, de parcourir plus de 8 kilomètres parfois pour s’en procurer.

En outre, 82,90% des plus défavorisés déclarent s’éclairer avec le pétrole, les moins de 25 ans n’ont guère d’autre possibilité que le petit commerce.

Pour Mgr Louis Portella-Mbuyu, évêque de Kinkala et président de la Conférence Episcopale du Congo, « ces résultats d’enquête sur la pauvreté sont bienvenus ». « Ils sont un signe des efforts de lucidité évangélique que l’Eglise entend déployer pour être toujours plus fidèle à sa mission évangélisatrice qui implique d’annoncer et actualiser l’Evangile au coeur du réseau complexe des relations sociales ». (apic/ibc/pr)

2 octobre 2008 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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