Dix jours après les faits les cadavres jonchent encore les rues
Congo-Brazzaville: Le bombardement de la ville de Nkayi confirmé
Brazzaville, 7 janvier 1999 (APIC) Un premier bilan provisoire du bombardement de la ville de Nkayi, le 27 décembre dernier dans le nord-ouest du Congo-Brazzaville fait état d’au moins 120 morts. La Croix-Rouge locale qui a pu se rendre sur place a indiqué avoir enterré 120 corps au premier jour de son intervention.
Selon le correspondant de Radio France internationale, un des seuls journalistes qui s’est rendu sur place mercredi, la ville est comme ravagée par un cyclone, avec les maisons détruites, et des cratères d’obus. Des cadavres gisent encore un peu partout dans les rues.
Les sources missionnaires contactées jeudi sur place par l’APIC réfutent cependant l’interprétation «officielle» qui voudrait que les rebelles Kokoyes, ex-miliciens fidèles à l’ancien président Pascal Lissouba, soient responsables de ces faits. Durant les quinze jours où ils ont occupé la ville, les Kokoyes ont tués cinq commerçants mauritaniens, ont pris en otage trois expatriés français, dont l’un a été tué, ont pillés des commerces et se sont attaqués surtout aux symboles de l’Etat notamment la mairie et l’évêché. Mais le bombardement de la ville à l’arme lourde survenu le 27 décembre avec ses centaines de morts, suivi du pillage systématique est incontestablement le fait de troupes loyalistes au gouvernement de Denis Sassou Nguesso renforcées d’éléments angolais et tchadiens. «Nous avons vu passer à Dolisie deux trains remplis de marchandises pillées par l’armée à destination de Pointe Noire», indique la source contactée par APIC.
Selon une autre source d’Eglise à Brazzaville, citée par le Bulletin d’Information africaine BIA, à Bruxelles, les affrontements des dernières semaines et les bombardements de certains quartiers de Brazzaville auraient fait 5 à 6’000 morts. La même source dénonce «la puissance écrasante la France, plus forte encore que celle des Anlo-Américains, qui a la capacité de bloquer l’information concernant les pays de son ressort». (apic/bia/mp)



