Congo-Brazzaville : «Squelettes ambulants qui rentrent à Brazzaville...»

Un nouvel appel angoissé des évêques congolais

Brazzaville, 1er octobre 1999 (APIC) Les évêques du Congo-Brazzaville adressent un appel pressant et angoissé aux responsables des partis politiques pour négocier rapidement un cessez-le-feu dans le pays.

Au nom de ses confrères évêques, Mgr Anatole Milandou, évêque de Kinkala et président de la Conférence épiscopale du Congo Brazzaville, décrit la situation tragique de son pays en des termes chargés d’émotion: «jeunesse à la fois actrice et victime de guerres successives»; «populations réfugiées dans les forêts, sans secours alimentaire et sanitaire»; villages qui «ont tous vu leurs cimetières s’agrandir démesurément»; «squelettes ambulants qui rentrent à Brazzaville»; «populations qui voient partie en fumée ce qu’ils ont gagné et construit à la sueur de leur front durant toute une vie à cause de pillages systématiques et de destructions massives».

Or devant ce chaos humanitaire, le dialogue annoncé tarde à venir et chaque jour le bilan des morts s’alourdit. Les évêques du Congo Brazzaville, poursuit Mgr Milandou, supplient donc les responsables politiques de déclarer rapidement un cessez-le-feu «afin de permettre, aux organisations humanitaires de se rendre d’urgence dans les grandes localités pour soulager les populations désespérées. Pour qu’un commencement de dialogue puisse enfin s’amorcer»

Appel des Eglises chrétiennes de France

Les présidents du Conseil d’Eglises chrétiennes en France demandent de leur côté au gouvernement français d’intervenir auprès de la Communauté européenne pour «qu’elle conduise au plus tôt une médiation politique en faveur d’un cessez-le-feu au Congo Brazzaville, de la reprise du dialogue entre les belligérants et d’une intervention massive pour répondre au désarroi des populations».

Cet appel est signé par Mgr Louis-Marie Billé, président de la Conférence des évêques de France, le pasteur Jean-Arnold de Clermont, président de la Fédération protestante de France et Mgr Jérémie, président du Comité interépiscopal orthodoxe de France. (apic/cip/ba)

1 octobre 1999 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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