Appel pour sauver et restaurer le monastère
Congo: Deux moines reviennent dans leur monastère détruit par la guerre
Brazzaville, 30 juillet 2000 (APIC) «Ensemble, nous pouvons sauver le monastère de Sainte-Marie de la Buenza au Congo Brazzaville». C’est l’appel que les Frères Christian Mouhingou et Jean José Nkolouka, deux religieux bénédictins, ont lancé à l’agence de presse catholique Fides. Ils sont tous deux revenus vivre dans ce monastère du Congo, qui avait été abandonné par les moines, le 16 décembre 1998, à cause de la guerre.
De nombreux moines ont dû quitter le Congo à cause de l’insécurité. Les deux Frères s’étaient quant à eux réfugiés dans la forêt, comme des milliers d’autres habitants du diocèse. Ils viennent de rentrer dans leur monastère, complètement détruit. «Nous sommes revenus en mars, raconte le Frère Christian. Il ne reste rien. Nous n’avons ni eau ni électricité. Mais nous avons quand même trouvé deux lits». Il explique que le monastère bénédictin de Kimpanzou se trouvait dans les mêmes conditions.
Le Monastère de Sainte-Marie de la Buenza, fondé en 1958, est situé à 250 km au sud de Brazzaville, dans le diocèse de Nkayi. A partir de décembre 1997 le monastère a commencé à être pillé régulièrement, alors que les moines y vivaient encore. Les pillages se sont poursuivis même après le départ des religieux en décembre 1998.
Sainte-Marie de la Buenza est un monastère connu dans tout le Congo parce que les moines y avaient construit un laboratoire pharmaceutique pouvant produire une quarantaine de médicaments, qui coûtaient trois à cinq fois moins cher que ceux qui sont vendus dans les pharmacies occidentales. Le monastère abritait aussi une menuiserie où de nombreux jeunes de la région venaient se former, un élevage de vaches et un centre d’apiculture. Il ne reste plus rien. Le laboratoire a été détruit et tous les instruments ont été volés. La menuiserie a subi le même sort. Même les vaches ont été volées, ainsi que les ruches et tout le matériel d’apiculture.
Les voitures du monastère ont elles aussi été dérobées. Les religieux ont expliqué que les militaires les considèrent comme un butin de guerre. Le Frère Christian est tout de même heureux que certaines cellules n’ont heureusement pas subi trop de dégâts, que l’on peut encore y vivre et que la chapelle est, elle aussi, peu endommagée. La bibliothèque a également été épargnée. (apic/fides/zn/ba)



