Accord tripartite avec le gouvernement et l’UNICEF

Congo: L’Eglise catholique s’implique dans la lutte contre la traite des enfants

Brazzaville, 25 juillet 2007 (Apic) L’Eglise catholique du Congo Brazzaville s’implique dans la lutte contre la traite des enfants. Sa commission «Justice et paix» a signé avec le gouvernement congolais et le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF), un accord tripartite de lutte contre cette pratique dans le pays, rapporte l’Agence de presse africaine (APA).

L’accord a été signé le 19 juillet dernier, à l’occasion du lancement d’un rapport sur la traite des enfants. Il vise à «bâtir des stratégies» pour éradiquer le phénomène, a précisé pour sa part un site internet d’actualités du Congo, www.congoplus.info. Il permettra de mettre en oeuvre un plan d’action contre la traite des enfants au Congo pour un montant global de 245’000 dollars dont les 40’000 sont déjà disponibles.

Le plan d’action vise à renforcer et améliorer les capacités des acteurs et des structures, la prise en charge et la réinsertion des enfants victimes de la traite, ainsi que de faciliter et d’appliquer les procédures juridiques légales en matière de rapatriement ou de réinstallation des enfants victimes de la traite, etc.

Des enfants âgés de 9 à 12 ans

Selon le rapport de l’UNICEF, la traite transfrontalière et interne des enfants est surtout pratiquée dans les deux grandes villes que sont Brazzaville, la capitale, et Pointe-Noire, seconde ville du pays. Elle touche des enfants âgés de 9 à 12 ans. Dès leur arrivée dans le pays, ils sont engagés dans un contrat implicite sur la promesse de rentrer au bercail avec une somme variant entre 200’000 et 500’000 francs CFA (500 à 550 frs). Mais en réalité, ils sont exploités dans les diverses activités pour lesquelles ils sont payés 500 francs CFA (1,20 fr) pour une journée de travail de plus de 8 heures. Ils dorment à la belle étoile, s’ils ne sont pas logés par un tuteur, indique l’UNICEF.

Ce sont des enfants du Bénin, du Mali, de Guinée Conakry, du Sénégal, du Togo et du Cameroun. Ils sont pour la plupart analphabètes. Les autres sont à peine scolarisés (deux ou quatre ans de scolarité).

Une situation «dramatique, voire infernale»

Le rapport souligne également leur maltraitance par l’exploitation liée aux activités domestiques et commerciales. A Pointe-Noire, le phénomène a été identifié grâce à la Commission diocésaine Justice et Paix. Le rapport a été élaboré à partir d’une enquête menée conjointement par le gouvernement congolais, l’UNICEF et la Commission Justice et Paix. Il souligne que les enfants se trouvent dans une situation «dramatique, voire infernale». Ils sont réveillés à 4h du matin pour des activités domestiques avant d’aller vers 7h étaler et vendre les marchandises au marché tout au long de la journée.

«Cette situation est inacceptation au 21ème siècle. Cessons de faire subir à nos enfants ces traitements dégradants. Nous devons protéger nos enfants, leur assurer un cadre affectif pour leur épanouissement», a déclaré la Ministre de la Santé, des Affaires sociales et de la Famille, Emilienne Raoul, lors du lancement du rapport. (apic/ibc/bb)

25 juillet 2007 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
Partagez!