Congo: L’épiscopat réclame l’instauration d’un Etat de droit
Pour la création d’une commission «vérité et réconciliation»
Kinshasa, 6 mars 20001 (APICF Les évêques du Congo souhaitent qu’un gouvernement d’union nationale soit mis sur pied à l’issue du dialogue intercongolais. Cela, disent-ils, afin de «bien préparer les élections générales, dans le respect de la liberté d’opinion et d’expression».
Les onze évêques réunis en session ordinaire à Kinshasa du 26 février au 3 mars, parmi lesquels le cardinal Frédéric Etsou, archevêque de Kinshasa, et Mgr Floribert Songasonga, archevêque de Lubumbashi, respectivement président et vice-président de la Conférence épiscopale, invitent les Congolais à garder l’espoir malgré la situation actuelle «marquée par l’angoisse et l’incertitude».
Les évêques demandent enfin que soient étudiées les modalités et les conditions d’institution d’une commission vérité et réconciliation. «A l’instar de ce qui s’est passé ailleurs, celle-ci devra avoir pour mission de conduire les uns et les autres à les pencher sur la le problème de leur mémoire blessée par les injustices vécues, par l’avilissement subi ou par l’arrogance affichée».
Plutôt que la guerre, le peuple demande «un Etat de droit, un pays fort et prospère, dans l’intégrité de son territoire, et la sauvegarde de sa souveraineté internationale». Les évêques saluent les efforts en ce sens de la communauté internationale et insistent pour que le retrait des «troupes d’agression» soit accéléré. Ils plaident surtout pour le dialogue intercongolais et le consensus national, car «l’unique voie pour sauver réellement le pays et conjurer la paupérisation toujours croissante et généralisée est de nous rencontrer tous dans un dialogue franc et sincère, et de nous réconcilier entre nous».
Hors de toute compétition électoraliste
Selon l’épiscopat le dialogue intercongolais n’est pas à considérer comme le lieu de compétition préélectorale ou de la lutte en vue d’un partage du pouvoir au détriment du peuple. «La finalité du dialogue entre nous est de parvenir à l’institution d’un nouvel ordre politique dans notre pays, ordre nouveau où les dirigeants seront vraiment soucieux du bien-être de la population et des intérêts supérieurs du pays».
Pour les prélats, sans un consensus autour d’un projet de société, il sera «difficile, sinon impossible» de vivre dans la paix et d’assurer la cohésion nationale et le progrès de tous. C’est pourquoi «il est impérieux que les participants au dialogue intercongolais se mettent d’accord sur ce qui est essentiel et qui nous unit tous. (…) Le processus de démocratisation, déclenché unanimement lors de la conférence Nationale Souveraine, doit redémarrer pour aboutir à l’instauration d’un Etat de droit».
Les évêques souhaitent qu’un gouvernement d’union nationale soit mis sur pied à l’issue du dialogue intercongolais, avec pour mission principale, outre l’exécution d’un «programme urgent» de réalisations économiques et sociales, déterminé par le dialogue intercongolais, de «bien préparer les élections générales, dans le respect de la liberté d’opinion et d’expression». (apic/cip/pr)




