Il est difficile de connaître l’appartenance des éléments armés
Congo: L’évêque de Butembo Beni dénonce la terreur entretenue par des rebelles
Kinshasa, 14 juin 2005 (Apic) L’évêque de Butembo Beni, dans le Nord-Kivu, dénonce l’insécurité régnant dans l’est du Congo RDC. Des affrontements impliquent des éléments armés «dont il est difficile de connaître l’appartenance». Ailleurs, ce sont les militaires réguliers qui pillent les réserves de nourriture.
«La population des territoires de Lubero et de Beni est inquiète. La situation est préoccupante au sud du diocèse, fortement militarisé, où il est difficile de savoir quelle est l’appartenance des éléments armés», a déclaré le 13 juin à l’agence catholique MISNA Mgr Melchisédech Sikuli Paluku. Selon des témoignages entendus par le prélat, un grand nombre de familles se sont réfugiées à Kanyabayonga (environ 80 kilomètres au sud de Butembo) pour fuir l’insécurité entretenue par des militaires dans la zone de Kibirizi, Rutshuru et du Parc des Virunga. Les civils arrivent aussi de Miriki, où des affrontements ont opposé il y a une semaine des militaires réguliers à des ex-rebelles rwandais alliés à des Maï-Maï (ex-combattants alliés de Kinshasa).
C’est devant 10’000 fidèles venus assister le 12 juin à Butembo à l’ordination de 28 prêtres et diacres, que Mgr Sikuli a rapporté des témoignages selon lesquels des Interahamwe (Rwandais ayant fui leur pays après le génocide de 1994) sèment la terreur dans plusieurs localités des environs de Luofu, à une trentaine de kilomètres au sud de Butembo. A Kayna- Kirumba, indique encore Mgr Sikuli, ce sont de éléments de la 18ème brigade militaire qui pillent systématiquement chaque nuit 2 ou 3 boutiques. «Les villageois sont contraints de donner leurs récoltes», dit encore à MISNA Mgr Sikuli, «à Beni, certains paysans ne peuvent plus aller à leurs récoltes, ce sont les épouses et les enfants des militaires en formation à Nyaleke qui récoltent là où ils n’ont pas semé et vendent même au marché». (apic/misna/bb)




