Evêques agressés dans la région du Kivu
Congo: La hiérarchie catholique dans le collimateur des soldats rwandais
Kinshasa, 6 novembre 1998 (APIC) Depuis près d’un mois, des «faits graves et inquiétants» révèlent deux éléments nouveaux dans le comportement des troupes rwandaises dans les territoires sous contrôle de la rébellion, rapporte l’agence catholique congolaise DIA (Kinshasa).
Cette dernière dénonce «la guerre déclarée aux Tutsi du Nord et Sud-Kivu, ainsi que des agressions programmées contre le personnel ecclésiastique, plus particulièrement la hiérarchie catholique». L’agence cite plusieurs faits rapportés par des «sources dignes de foi».
Mgr Gapangwa, évêque d’Uvira, «est depuis plusieurs semaines l’objet d’une traque organisée de la part des soldats rwandais». Après s’être enfui d’Uvira, en se déplaçant clandestinement d’une paroisse à une autre dans son diocèse, il est arrivé au Burundi, où les autorités l’ont séquestré et s’apprêtaient à le livrer aux Rwandais. Il a néanmoins réussi à s’échapper.
Les Rwandais lui reprochent d’avoir signé le dernier message des évêques du Kivu (»Remets ton épée au fourreau») et d’avoir publié une lettre pastorale dénonçant les exactions des troupes rwandaises au Sud-Kivu.
Il y a trois semaines, Mgr Kanyamachumbi a été attaqué chez lui par des soldats rwandais. La semaine dernière, il a été «humilié et battu publiquement par les mêmes éléments armés». Le lendemain, les soldats rwandais sont allés piller le couvent des Carocciolini, pensant qu’il s’y serait caché. Depuis six jours, on est sans nouvelles de lui.
Dans sa prédication du 1er novembre, Mgr Ngabu, évêque de Goma, a ouvertement protesté contre le traitement infligé à Mgr Kanyamachumbi et le mauvais comportement des soldats rwandais. Sa vie est actuellement en danger.
Mgr Runiga, évêque de Mahagi-Nioka, déjà victime dans le passé d’attaques et de pillages, a subi le même sort il y a un mois de la part des troupes d’occupation. Cette fois, il a en plus été blessé.
La plupart des Tutsi du Masisi ont fui le Nord-Kivu. Ils sont parqués, sans liberté de mouvement, dans des camps au Rwanda. (apic/cip/pr)



