Etudiants contestataires torturés
Congo: La police s’acharne sur des étudiants à Kinshasa
Kinshasa, 18 décembre 2001 (APIC) Des actes de torture ont été perpétrés par la police de la République Démocratique du Congo contre des étudiants arrêtés la semaine dernière au terme de violentes manifestations à Kinshasa. L’accusation, relayée par l’Agence missionnaire Misna, est formulée par l’Observatoire congolais des droits humains (OCDH) dans un document daté du 16 décembre.
Selon divers témoignages recueillis à l’initiative de cette organisation, les victimes des pires traitements sont à rechercher dans le groupe des 43 étudiants arrêtés vendredi 14 décembre dans la cité universitaire. 632 autres étudiants arrêtés le même jour ont été libérés 24 heures plus tard. Le document de l’OCDH, écrit Misna, rapporte la manière dont les policiers se sont acharnés sur les étudiants qui, même s’ils ne sont pas «restés dans les limites d’une contestation pacifique, n’ont revendiqué qu’une réduction des taxes universitaires».
Les jeunes ont été «étroitement ligotés à des piliers en ciment et frappés à coup de matraques sur l’abdomen et sur le reste du corps. Les jeunes filles ont été déshabillées et ont subi des sévices et des humiliations» dénonce l’OCDH, qui exprime sa vive inquiétude quant au sort des 9 étudiants encore en état d’arrestation et accusés d’avoir fomenté la contestation. L’organisation exige leur libération immédiate et la création d’une commission d’enquête indépendante pour faire toute la lumière sur les événements en rapport avec la manifestation de la semaine dernière.
L’OCDH rejette par ailleurs les conclusions qualifiées d’»hâtives et complaisantes» de la commission gouvernementale, composée par le ministre de l’Intérieur Mira Njoku et deux officiers supérieurs de la police. Les actes de torture sur les étudiants contestataires sont également dénoncés par un document diffusé par un autre organisme de protection des droits humains, la «Voix des Sans Voix». (apic/cip/mna/sh)



