Congo: la Voix des Sans Voix interpelle le président Joseph Kabila
«Traitements inhumains» et «excès de zèle»
Kinshasa, 16 février 2001 (APIC) La Voix des Sans Voix pour les droits de l’homme (VSV), une organisation basée à Kinshasa, a demandé au général-major Joseph Kabila de mettre un terme aux traitements inhumains, cruels et dégradants, et aux excès de zèle de la part des services de sécurité. La VSV l’a fait savoir ce 15 février à Kinshasa lors d’une conférence de presse organisée à son siège et consacrée à la vague d’arrestations que connaît la capitale de la République Démocratique du Congo (RDC).
Le président de la VSV, Floribert Chebeya, plus de deux semaines après le premier discours du nouveau chef de l’Etat congolais à la nation jugé positif à propos des droits de l’homme, a lancé un S.O.S en faveur des personnes détenues dans les cachots des services de sécurité présidentielle dans la commune de la Gombe à Kinshasa.
La VSV a réitéré sa vive réprobation sur l’assassinat du président Laurent-Désiré Kabila et a demandé au général-major Joseph Kabila de garantir l’abolition des pratiques de la torture et l’humanisation des conditions carcérales. Cette abolition et cette humanisation seront réalisées par l’amélioration de l’alimentation, l’administration des soins médicaux appropriés et le respect des normes internationales en matière de détention.
Une cruauté sans précédent
La VSV constate qu’en dépit de la mise en place d’une commission chargée d’enquêter sur l’attentat qui a coûté la vie à Laurent-Désiré Kabila, des personnes «à l’esprit tortionnaire et revanchard» se livrent à des méthodes répressives d’une cruauté sans précédent à l’endroit des présumés coupables, de leurs familles, proches et connaissances. L’organisation a été en effet informée du danger de mort qui pèse sur la vie de plusieurs dizaines de personnes, la plupart originaires du Sud-Kivu, du Nord-Kivu et du Maniema, détenues et victimes de traitements inhumains.
Des cachots pleins à craquer
Selon la version officielle, l’assassinat de Laurent-Désiré Kabila a été perpétré par un ressortissant du Sud-Kivu, d’où l’arrestation d’autres personnes, dont des parents, des proches et des collaborateurs du commandant Anselme Masasu, pointé dans le dossier d’un coup d’Etat qu’il avait ourdi contre Kabila les 26 et 27 octobre 2000. Les militaires des Forces armées congolaises, les éléments de la Police nationale ou les agents des services de sécurité, le plus souvent sans mandat, indique la VSV, ont procédé à l’enlèvement des suspects. Les cachots des services de sécurité présidentielle seraient pleins à craquer.
La VSV, qui a diffusé une liste importante de personnes détenues dans les cachots de sécurité ou portées disparues, demande au nouveau chef de l’Etat et au gouvernement «d’assurer un traitement équitable et humain aux personnes incriminées en vertu du principe de la présomption d’innocence, de manière à ne sanctionner que les seuls vrais coupables à l’issue d’un procès juste et équitable».
Respect des droits fondamentaux
L’organisation suggère qu’une enquête soit ouverte dans les meilleurs délais sur les allégations de tortures et autres mauvais traitements infligés aux détenus et que les personnes mises en cause soient traduites en justice. Le libre accès aux lieux de détention de tous les détenus doit être accordé aux défenseurs des droits de l’homme et aux organisations humanitaires. Le droit aux soins médicaux doit en outre être garanti aux détenus, comme le droit de visite doit l’être aux membres de leurs famille, à leurs proches, aux médecins et aux avocats. (apic/cip/dia/bb)



