Stop à la campagne d’arrestations arbitraires
Congo:Le cardinal Etsou et Mgr Monsengwo dénoncent la détention de Mgr Mbuka
Kinshasa, 9 janvier 2001 (APIC) Le cardinal Etsou, archevêque de Kinshasa et président de la Conférence épiscopale nationale du Congo, a diffusé un communiqué le 9 janvier dans lequel il dénonce la campagne d’arrestations menée par le gouvernement contre les représentants de l’Eglise. Il lance un appel pour la libération de Mgr Mbuka. L’archevêque de Kisangani et président du Symposium des conférences épiscopales d’Afrique et de Madagascar, Mgr Monsengwo, a également lancé un appel pour la libération de son confrère.
Mgr Cyprien Mbuka, évêque auxiliaire de Boma (à environ 300 km à l’ouest de Kinshasa), est emprisonné depuis douze jours dans une cellule de la Demiap (Détection militaire des activités anti-patrie), dans la capitale congolaise. Il a été interpellé et arrêté à Matadi le 28 décembre, sur ordre, semble-t-il, du ministre de l’Intérieur Gaëtan Kakudji, qui l’accuse de menées subversives.
L’appel de Mgr Laurent Monsengwo Pasinya est motivé par la détention de Mgr Mbuka dans des conditions qu’il estime indignes et inhumaines. Le prélat rappelle que le Symposium des Conférences épiscopales d’Afrique et de Madagascar (SCEAM) «condamne cette arrestation arbitraire d’un évêque par les autorités de Kinshasa, la troisième en deux ans». «Le SCEAM, affirme Mgr Monsengwo dans sa déclaration, assure Mgr C. Mbuka de sa communion et de sa proximité spirituelle. Il demande aux autorités gouvernementales de Kinshasa de libérer Mgr C. Mbuka et, si infraction il y avait, de respecter les principes sacrés du droit pénal, notamment la présomption d’innocence et les droits de la défense «.
Campagne d’arrestation du gouvernement
Pour sa part, cardinal Frédéric Etsou Nzabi Bamungwabi dénonce les actes d’arrestation arbitraires du gouvernement dont est victime le «personnel religieux», et qui vise principalement les évêques. Il y a comme un acharnement de la part du gouvernement à «déshonorer les pasteurs et à discréditer l’Eglise catholique», estime le prélat, qui cite toute une série d’évêques, prêtres missionnaires et religieux récemment emprisonnés ou déportés.
«Devant cette campagne d’arrestations arbitraires des évêques et particulièrement celle de S.E. Mgr Cyprien Mbuka, je proteste énergiquement et je dénonce ces violations des Droits humains», tonne le cardinal Etsou. «Je demande que toutes ces arrestations et tracasseries cessent et que S.E. Mgr Cyprien Mbuka soit libéré sans délai. Si les fidèles expriment leur mécontentement et leur réprobation suite à la longue et inutile détention de S.E. Mgr Cyprien MBUKA, les autorités du pays n’auront qu’à s’en prendre à elles-mêmes», prévient Mgr Etsou dans son communiqué.
Le tort d’être nommé à Boma
Il y a quelques jours, le quotidien congolais ” Le Potentiel ” écrivait que, selon les milieux catholiques du Congo, l’unique «tort ” de Mgr Mbuka est d’avoir été nommé auxiliaire de l’évêque de Boma et d’exercer d’importantes responsabilités. De là serait né un contentieux qui, écrivait le journal, a poussé un groupe de personnes, dont plusieurs représentants du monde ecclésiastique, à ourdir une machination, laquelle a abouti à l’arrestation de l’évêque.
Selon l’agence missionnaire italienne Misna, Mgr Mbuka serait accusé de posséder des «moyens de communication efficaces» et d’inciter à la sédition dans ses homélies. La valise d’équipement satellite ainsi que la phonie de l’évêque ont été saisies. Mgr Mbuka possède pourtant tous les papiers officiels autorisant leur exploitation. (apic/cip/dia/bb)



