Congo: Le diocèse de Kole (Kasaï) dans la tourmente

Kinshasa, 11 mai 1999 (APIC) Les deux Kasaï, entre autres les localités de Kananga, Lodja, Lusambo, Mashala, Mwetshi, Kabinda, Kabulanda, Katende, Mukwasa et Kakenge vivent depuis bientôt un mois dans un climat d’insécurité généralisée. Paroisses et couvents sont particulièrement visés, au point que l’évêque de Kole, Mgr Stanislas Lukumwuena, des prêtres et des religieuses sont contraints de se cacher dans les forêts.

Selon l’agence catholique DIA (Kinshasa), qui rapporte le témoignage d’un prêtre congolais, la situation s’est rapidement dégradée à partir du 13 avril, date de l’arrivée à Kole des Forces armées congolaises (FAC), délogées de Lodja par les rebelles trois jours plus tôt. Le diocèse de Kole couvre les territoires de Kole et Lomela, au Kasaï Oriental, et de Dekese, au Kasaï Occidental. Kole, une cité de cinq à six mille âmes, a vu débarquer d’un coup 4’000 militaires. «Chose étonnante, témoigne le prêtre, ces militaires aussitôt accueillis et acceptés se sont livrés à des actes répréhensibles: évêché, procure, couvents, noviciat, dépôt pharmaceutique, mission protestante de Kole-Yango et boutiques sont mis à sac. Ainsi sont emportés des vélos pour la promotion sociale des pygmées, des ordinateurs, des photocopieuses, du matériel important pour les oeuvres caritatives. Pire encore, le garde du père Roger, un missionnaire Picpus, qui prenait trop de temps pour ouvrir la grille, a été assassinée. «

«Entre-temps , à Lomela, poursuit le prêtre, le commandant de compagnie oblige tout le monde: prêtres, religieuses, docteur, militaires, voire autorité civile, à prendre le large. L’occasion ainsi offerte, le groupe dirigé par ce commandant en profite pour dépouiller l’hôpital de tous ses biens et emporte avec la moto d’un particulier le montant de ce forfait, ainsi que la solde de ses militaires. Ce n’est pas tout, son passage intempestif à travers tout ce territoire s’accompagne d’autres dégâts importants: pillages de l’hôpital de Tshundi, de la paroisse et du petit séminaire de Loto. Certains militaires se sont jusqu’ici installés à Idumbe (Dekese), menaçant de brûler les véhicules qui sont à leur portée. «

Actuellement – la dépêche de DIA est datée du 7 mai -, Mgr Stanislas Lukumwuena, l’évêque de Kole, une vingtaine de prêtres, des frères, une trentaine de religieuses, pour la plupart des soeurs Servantes de l’Eglise du Christ (espagnoles), et des petits séminaristes se sont réfugiés dans la forêt, comme du reste la population. (apic/cip/dia/pr)

11 mai 1999 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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