Des morts et des dizaines de milliers de déplacés

Congo: Mgr Muteba lance un signal d’alarme sur la situation au Katanga

Kinshasa, 15 septembre 2005 (Apic) «Chez-nous, la guerre continue. Les territoires de Mitwaba, Pweto et Malemba sont le théâtre d’affrontements quasi-permanents entre les Forces armées congolaises et les éléments maï- maï, qui sèment la terreur, la désolation voire la mort au sein de la population, l’obligeant à se jeter sur la voie de l’exil». C’est ce que dénonce l’évêque du diocèse de Kilwa-Kasenga, Mgr Fulgence Muteba, dans un document parvenu le 14 septembre à l’agence MISNA.

«Pendant que l’Ituri, le Nord et le Sud-Kivu (autres régions à l’est de la République démocratique du Congo, Ndlr) tiennent la vedette» écrit encore Mgr Muteba, «le drame des populations du nord du diocèse de Kilwa- Kasenga tend à être occulté».

Le prélat de cette zone méridionale du Katanga – riche région minière d’environ 500’000 kilomètres carrés, presque comme la France – dénonce des violations massives des droits humains, les tueries, les pillages et autres exactions qui ont fait des dizaines de milliers de déplacés. «La paroisse de Dubie, par exemple, compte 15’000 déplacés vivant dans des sites de fortune. Celle de Mitwaba en compte environ 8’000. La paroisse de Pweto héberge beaucoup de déplacés de guerre dont les villages ont été assiégés ou incendiés par les maï-maï», nom donné aux miliciens qui combattaient pendant la guerre de 1998-2003 dans le camp gouvernemental, mais qui semblent, selon l’évêque, «se transformer, du moins au Katanga, en une organisation dont les objectifs sont ambigus».

Les populations locales, souligne encore Mgr Muteba, se trouvent prises entre le feu des militaires – «sans solde» et qui ne garantissent pas toujours la sécurité – envoyés par le gouvernement et celui de ces groupes armés, subissant des effets collatéraux de taille. «Les épidémies refont souvent surface. Les gens ne pouvant pas cultiver, la malnutrition fait de nombreuses victimes. Les enfants ne sont pas scolarisés. La circulation n’est pas libre. C’est à la limite du supportable», dénonce l’évêque dans son appel adressé à la communauté internationale. (apic/misna/bb)

15 septembre 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 1  min.
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