Plus de 250 personnes tuées

Congo: Nouveau massacre au Kivu

Rome 24 mars 1999 (APIC) Plus de 250 civils ont été massacrés entre le 19 et le 21 mars dernier au Kivu, en République Démocratique du Congo, annonce mercredi l’Agence missionnaire internationale MISNA à Rome. La région a déjà été le théâtre des précédents massacres de Kasika Makobola et Kamituga.

Selon MISNA, cette nouvelle tuerie aurait été exécutée par des Rwandais en représailles après une attaque maï-maï. Les massacres ont eu lieu à Burhinyi, près de Mwenga, à environ 80 km au sud-ouest de Bukavu, et Ngweshe, près de Walungu, à environ 40 km au sud-ouest de Bukavu. Les victimes sont en majorité des hommes âgés, des femmes et des enfants.

MISNA affirme que la zone a été interdite d’accès jusqu’à lundi dernier. Les meurtres ont été commis lors de prétendues opérations de ratissage des troupes du Rassemblement Démocratique Congolais contre les Interahamwe (ex-miliciens hutus rwandais). La localité de Mushinga, dans la commune de Ngweshe, dont les habitations ont été brûlées a été la plus touchée. A Burhinyi, les militaires «ont tiré sur tout ce qui bougeait» affirment les sources missionnaires. On précise que 200 personnes ont déjà été enterrées et que tous les corps n’ont pas encore été retrouvés.

Démenti de Kigali

Un troisième massacre a été perpétré à Magunga, sur les rives du Lac Tanganyka, où une centaine de personnes ont été tuées par un groupe de rebelles maï-maï à la solde du gouvernement rwandais, rapporte mercredi la BBC, qui précise que ces informations n’ont pas pu être recoupées. Dans la région de Fizi, au bord du Lac Tanganyka, des villageois ont cependant confirmé aux journalistes que le Rwanda s’est retourné contre ses anciens alliés «banyamulenge» et a utilisé contre eux des rebelles maï-maï.

Dans un communiqué, le Ministère de la Défense rwandais à Kigali a qualifié les rapports sur les massacres de «mensonges totalement fabriqués», affirmant qu’aucun massacre n’avait eu lieu et que jamais il ne s’allierait avec les milices maï-maï, «responsables des plus horribles crimes de génocide.» Les Rwandais accusent une faction «banyamulenge», jadis alliée de Kigali, d’avoir fait sécession du Rassemblement Démocratique Congolais, la coalition qui combat contre le président Kabila. (apic/cip/misna/bbc/mp/be)

24 mars 1999 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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