Le Nord-est du Congo toujours sous le joug de la rébellion
Congo RDC : 60’000 déplacés au Nord Kivu
Goma, 14 février 2006 (Apic) «La population de Kanyabayonga, qui compte habituellement environ 50’000 habitants, a doublé en raison de l’afflux de civils venant de villages situés plus au Sud, où ils ne se sentent plus en sécurité. On dénombre 60’000 déplacés fuyant l’insécurité et les combats dans la région où sévissent des militaires insurgés.
Au total, on dénombre environ 60.000 déplacés, dépourvus de leurs biens, éprouvés après de longues marches dans la brousse, qui ont besoin de nourriture et d’assistance». Contacté par l’agence MISNA à Goma, chef-lieu du Nord-Kivu, le chef de mission de Médecins sans frontières (Msf) France, Jean-Guy Vataux, dénonce la grave situation humanitaire dans cette région du nord-est du Congo, troublée par une rébellion de militaires insurgés.
La récente visite du ministre de la Défense au Nord-Kivu aurait officiellement été accompagnée d’une remise d’ordre dans les rangs militaires, mais sur place, les civils n’ont pas encore amorcé de retour vers leurs localités d’origine. «Des déplacés sont encore arrivés les 11 et 12 février. Le responsable humanitaire ignore toutefois si des violences sont encore en cours dans les régions de Masisi et de Rutshuru, d’où proviennent les déplacés.
Viol des femmes et des enfants fuyant les combats
«La surpopulation dans la zone de Kanyabayonga (à 170 kilomètres de Goma) crée une situation de promiscuité qu’il est urgent de contrôler, avant que n’éclatent des épidémies, comme par exemple le choléra» poursuit le représentant de Msf, en ajoutant que le personnel de Msf travaillant à Kayna, à une vingtaine de minutes de Kanyabayonga, a lancé une campagne de vaccination contre la rougeole et renforcé la distribution d’eau. L’attention des agents médicaux a été attirée par le grand nombre de viols commis sur des femmes et des jeunes filles dans leur fuite des combats. «La situation devient très difficile pour ces déplacés et pour les familles qui les accueillent» conclut le représentant de Msf.
1,4 milliards pour le Congo RDC
Selon Le Potentiel de Kinshasa du 13 février, une Conférence sur le Congo RDC s’est tenue le 13 février 2006 à Bruxelles. A cette occasion, un « Plan d’action humanitaire » de trois ans devra être lancé. Cette conférence était coprésidées par le Coordonnateur des Nations Unies pour les secours d’urgence, Jean Egeland, et le Belge Louis Michel, Commissaire européen au développement et à l’aide humanitaire. Une somme de 1,1 Usd (1,4 milliards CHF) sera affectée à cette action humanitaire. Il faut noter que c’est sera la deuxième contribution, la plus importante de l’Organisation des Nations Unies après celle récoltée en faveur du Soudan
En effet, outre les guerres de 1996 et 1998, les troubles causés par les groupes armés localisés dans le Nord-Katanga, le Nord et Sud Kivu et ainsi que dans la Province orientale font encore des déplacés impliquant des vastes besoins en assistance. Les premières guerres ont causé plus de 3,5 millions de morts sans compter les milliers de déplacés et réfugiés qui pour certains n’ont jamais regagné leur milieu. Ces guerres ont détruit l’essentiel des infrastructures de santé (apic/misna/allafrica/vb)



