Reprise des combats dans la province du Sud Kivu
Congo RDC: Bukavu, Ville asphyxiée, aide alimentaire suspendue
Bukavu, 14 juin 2004 (Apic) Après Bukavu et les zones où se sont déroulés des combats entre l’armée gouvernementale et les insurgés, début juin, des sources confirment la reprise des hostilités dans la province du Sud Kivu, dans la partie Est de la République Démocratique du Congo (RDC). Bukavu, le chef-lieu de la province dont le grand marché et les dépôts des vivres ont été pillés et détruits, est une ville asphyxiée.
Selon l’agence de presse catholique DIA, la région du Bushi, une partie de la province du Sud Kivu, est restée le seul point d’approvisionnement de la ville de Bukavu. «Mais, cette partie de la province ne peut à elle seule approvisionner la ville», a déclaré le père jésuite Minani, du Rodhecic, Réseau des organisations des droits humains d’inspiration chrétienne. Tous les autres points d’ approvisionnement sont bloqués à cause de la guerre, qui a repris.
Les assaillants ou insurgés avaient occupé la paroisse de Kalehe, située à 50 kilomètres de Bukavu. Les mutins, aidés par l’armée rwandaise, ont été repoussés à 80 kilomètres de Bukavu. Deux chars de l’armée rwandaise ont été aperçus à Uvira, à la frontière burundaise et rwandaise. Le général mutin Laurent Nkunda, qui parlait dans une radio périphérique à partir de Kigali (Rwanda), a menacé d’attaquer Bukavu.
L’aide humanitaire est suspendue
Le Bureau pour la coordination des affaires humanitaires de l’ONU (Ocha) a affirmé le 12 juin 2004 dans un communiqué, que l’aide humanitaire destinée aux habitants de l’Est de la République Démocratique du Congo (RDC) est suspendue à 80 pour cent, en raison de l’insécurité persistante. Selon la Mission de Nations Unies au Congo (Monuc), les installations locales des agences des Nations Unies et des ONG humanitaires ont été pillées, notamment dans les provinces du Nord Kivu, du Sud Kivu, du Maniema et au nord du Katanga.
La population refuse la déstabilisation
Par ailleurs le 10 juin 2004, à 2 heures du matin, les habitants de Kinshasa, la capitale de la République Démocratique du Congo RDC, ont été les témoins d’un coup d’Etat, fomenté par un major de l’armée présidentielle, coup d’Etat qui a échoué. Pour certains, proches de l’opposition politique, le coup de force du 10 juin rappelle les coups d’Etat ratés qu’organisait le maréchal Mobutu pour assurer le renforcement de son pouvoir. Des sources militaires bien informées ont déclaré que le major Eric Lenge disposait d’armes performantes et capables de causer beaucoup de dégâts. Ce qui n’était pas le cas pour les unités de l’armée chargées de le poursuivre.
Face à cet incident qui n’a pas permis à la majorité de Kinois d’aller chercher de quoi manger, relève l’agence catholique de presse DIA, ces derniers ont désapprouvé cette action et exprimé leur désir d’avoir des élections pour se choisir de nouveaux dirigeants et construire un Etat de droit.
Le lendemain de l’incident, les personnes au courant de l’action du major putschiste désapprouvaient cette tentative de déstabilisation des institutions mises en place grâce à l’Accord global et inclusif signé en Afrique du Sud en décembre 2002.
Le coup de force d’un clan
Interrogé par le journal «La Référence Plus» du 12 juin 2004, André Atundu, ancien patron du service de documentation extérieure, service de sécurité sous le régime de Mobutu, a déclaré: «Sur le plan formel, il s’agit effectivement d’un coup d’Etat parce que le major Eric Lenge a proclamé la fin des institutions de la Transition sur les ondes de la radio nationale. Pour ma part, je qualifierai plutôt cet acte de coup de force d’un groupe du clan Kabila, insécurisé par la suite des événements, c’est-à- dire la perspective des élections.»
Le point de vue d’A. Atundu est partagé par un autre analyste de la scène politique congolaise. Ce dernier indique que des sources de la sécurité présidentielle lui ont affirmé que le major était ivre. Selon les dernières nouvelles, ce dernier et certains de ses complices auraient pris la fuite vers le Bas Congo. Un de ses complices aurait été arrêté dans cette province située dans la partie Sud-ouest de la République Démocratique du Congo. Il tentait d’aller au Congo-Brazzaville.
Le dimanche 13 juin 2004, vers 4 heures du matin, un autre groupe de la garde présidentielle a encore tenté de semer le désordre autour de la résidence du président. Après une heure d’échange des tirs, les assaillants auraient été maîtrisés. (apic/dia/vb)




