Viols en masse, nouveaux-nés massacrés, destruction massive
Congo RDC: De nouvelles horreurs dans la partie orientale du Congo dénoncées par l’Eglise
Butembo, 14 janvier 2005 (Apic) Ecoles transformées en casernes, hôpitaux pillés et dévastés, églises détruites par les bombes, viols en masse et nouveaux-nés massacrés. plus de 200’000 personnes contraintes de quitter leurs maisons pour fuir les combats: l’Eglise locale dénonce et dresse un terrible bilan à la suite des combats menés dans le diocèse de Butembo- Beni, au Kivu, (Congo RDC) ces derniers temps.
Dans un document de l’Eglise locale parvenu à l’Agence Fides à Rome, les responsables du diocèse assurent que les affrontements au Kivu se multiplient depuis le mois de décembre dernier, entre d’une part les rebelles du RCD Goma et des éléments de l’armée rwandaise, et d’autre part, les soldats réguliers envoyés de Kinshasa.
Le document fait état d’une dévastation systématique du territoire du diocèse, fait avec un soin méticuleux. «Les centres sanitaires ont accueilli les militaires blessés, mais par la suite ils ont été saccagés par les soldats en fuite et par ceux qui les poursuivaient». Selon le diocèse de Butembo-Beni, 14 centres médicaux et sanitaires ont été pillés: médicaments, matériel médical, matelas, panneaux solaires, groupes électrogènes. Même les habitations des médecins et des infirmières sont été saccagées.
Pour ce qui concerne les écoles, le rapport relève: «Les écoles sont devenues à présent des casernes des militaires du RCD Goma soutenus par les militaires rwandais. Le matériel didactique a été volé. Les portes et les fenêtres ont été détruites, les bancs des élèves ont été utilisés comme bois de chauffage. Les églises ont été profanées. Les tabernacles de Kanyabayonga et de Kasando ont été démolis».
L’horreur loin des caméras de TV mondiales
Toujours selon le diocèse, cité par Fides, des églises ont été touchées par les bombes. «On a même volé les ornements et les vêtements liturgiques. Le siège de plusieurs Organisations Non Gouvernementales a été complètement saccagé, ainsi que les habitations privées des habitants du diocèse qui ont perdu tous leurs biens: commerces, moulins, pharmacies, dépôts de farine, champs. Tout est dévasté, pillé et saccagé».
Les dommages contre les personnes sont plus graves encore. «Des femmes ont été contraintes d’avorter pendant la fuite, des familles à la débandade, avec des enfants qui se retrouvent seuls dans des camps de réfugiés. La dignité humaine a été gravement blessée par les viols (femmes et hommes sans distinction d’âge). Un enfant de 8 mois a été tué d’un coup de feu à Burambya. Au début des hostilités, conclut le document, la population civile a été utilisée comme bouclier humain. (apic/fides/pr)



