La Monuc empêche tout mouvement
Congo RDC: Des dizaines de milliers de personnes bloquées aux portes de Goma
Goma, 30 octobre 2008 (Apic) La mission de l’ONU en République démocratique du Congo (RDC) (Monuc) empêche «plusieurs dizaines de milliers de personnes fuyant les combats» d’entrer dans la ville de Goma, a affirmé jeudi le Secours catholique, cité par l’Agence France presse. Selon l’ONG française, le gouvernement provincial a été déplacé à Bukavu».
«L’intensification des combats de ces derniers jours, avec notamment la prise de Rutshuru, ont multiplié les déplacements des populations qui cherchent refuge dans les bâtiments publics du fait de la saturation dans cette zone des camps de déplacés», a ajouté le Secours catholique.
La plupart des soldats des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) avaient abandonné Goma mercredi, devant l’avancée de la rébellion du général tutsi congolais déchu Laurent Nkunda.
De leurs côtés, les missionnaires assurent qu’ils ne partiront pas de Goma. «Nous ne partirons pas. Comment serait-ce possible ? Il y a encore 350 enfants ici, dont 70 sont âgés de moins de trois ans, et ils n’ont personne pour s’occuper d’eux. Il est par ailleurs impossible de les emmener hors de la ville. Nous resterons et nous sommes sûrs que la situation se calmera», a assuré à Misna le père Mario Perez, missionnaire salésien et directeur du centre Don Bosco à Goma, à la fin d’une terrible journée au cours de laquelle la Monuc a invité les étrangers à gagner les centres de regroupement pour leur éventuelle évacuation.
Pendant ce temps, alors que circule la nouvelle d’un cessez-le-feu déclaré par les rebelles du Cndp sous commandement du général dissident pro-rwandais Laurent Nkunda, les tirs retentissent encore à l’autre bout de la ligne.
Le Père Perez, qui est soutenu dans son travail par un confrère congolais, indique en outre que cinq volontaires de l’Ong salésienne Vis, quatre Italiens et une Française, ont décidé de rester eux aussi avec les enfants et le personnel du centre.
Pendant ce temps, la longue file des personnes déplacées en provenance de Rutshuru a ralenti sa course pour passer la nuit : «Les gens se sont arrêtés, les familles s’installent par terre au milieu de leurs quelques bagages, des hommes et des femmes coupent du bois pour faire du feu et cuisiner», commente-t-on pour Misna.
Et de préciser: «Toute la journée, il y a eu un flux ininterrompu de personnes en fuite. Beaucoup se dirigent vers l’Ouganda qui se trouve à une vingtaine de kilomètres – poursuit notre interlocuteur -, des milliers d’entre eux passeront la nuit ici, dans la cour du centre paroissial et dans d’autres structures religieuses, et à l’aube, ils se remettront en route».
Laurent Nkunda a assuré jeudi que la Monuc ne «pourra pas l’empêcher» de prendre Goma, capitale du Nord-Kivu, dans l’est de la RDC).(apic/misna/pr)



