Une nouvelle guerre se prépare: la MONUC calme le jeu
Congo RDC: L’Eglise catholique lance un nouveau signal d’alarme
Bukavu, 22 septembre 2003 (Apic) Une nouvelle guerre guette la République Démocratique du Congo (RDC). Le scénario de ce qui se trame est encore obscur, mais des signaux préoccupants sont émis depuis quelques semaines par différentes sources parvenues à l’agence Misna. Pas d’affolement, clame pour sa part la porte-parole de la MONUC, la Mission des Nations Unies. Elle affirme que les forces de la MONUC contrôlent la situation. Un avis que ne partage pas l’évêque de Kalemie, importante ville du Katanga.
L’Eglise tire la sonnette d’alarme, sans grands effets, indique le vicaire général de l’archidiocèse de Bukavu, à l’est de la RDC. Mgr François Xavier Maroy Rusengo, n’est pas le seul à mettre en garde contre de nouvelles violences. L’association pour les droits de l’homme «Voix des Sans Voix» (VSV) a également diffusé un document dénonçant une insécurité «grandissante» dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu.
«L’insécurité est telle que les paysans autochtones ont quitté leurs villages pour se réfugier dans les grands centres urbains où la sécurité est plus ou moins garantie», peut-on lire dans une note interne de la VSV. Selon l’organisation, «l’insécurité est favorisée par la circulation anarchique d’armes de guerre parmi la population civile rwandophone».
L’organisation souligne que «les auteurs de cette situation sont des hommes armés et se recrutent dans les rangs du Rassemblement Congolais pour la Démocratie» (RCD-Goma) – l’ancien groupe rebelle appuyé par le Rwanda qui siège depuis quelques mois au sein du nouveau gouvernement d’unité nationale censé rétablir la paix dans le pays -. Mais également au sein de l’Armée Patriotique Rwandaise (APR) qui, formellement, ne devrait plus être présente sur le territoire congolais, étant donné que Kigali a fini de retirer ses troupes fin 2002.
Importants mouvements
Sont également acteurs de ce réarmement global les mouvement rebelles qui ont été actifs ces dernières années, le RCD-Goma et des alliés rwandais dans l’est de l’ex-Zaïre. Toujours selon le rapport de VSV, les Forces de Défense de la Démocratie (FDD), le principal groupe rebelle actif au Burundi (limitrophe), seraient en outre en train de distribuer des armes sur le territoire.
L’évêque de Kalemie, dans le centre-est de la RDC, a lui aussi écrit une lettre début septembre, publiée dimanche par la presse congolaise, pour dénoncer l’invasion massive de «sujets rwandais» dans toute la région qui entoure Kalemie, l’une des principales villes du Katanga, limitrophe du Sud- Kivu. Selon le prélat, Mgr Dominique Kimpinde, certains comportements rendent extrêmement suspecte la présence de Rwandais. Ils se déplacent en caravane, traversent les villes en civil puis se mettent en uniforme. «La plaine de Lugumba et toute la région que les Rwandais occupent sont devenues aujourd’hui un désert désolé alors que naguère, c’était la meilleure terre arable très fertile de Kalemie», écrit Mgr Kimpinde.
Pas de panique
La population de la zone est très inquiète, souligne-t-il encore. La porte-parole de la MONUC (Mission des Nations Unies), Patricia Tomé, interrogée lundi par l’agence MISNA, estime pour sa part qu’il n’y a rien de vraiment inquiétant. «Nous avons beaucoup d’hommes dans la région et ils ne nous ont rien signalé à ce propos» a-t-elle affirmé. «Il y a certes beaucoup de rumeurs qui alimentent des tensions et qui suscitent la frayeur de la population, mais ces signaux d’alarme ne sont que les derniers spasmes d’une guerre en voie de conclusion» et qui répondent, selon Patricia Tomé, à des «intérêts» politiques des divers groupes membres du gouvernement de Kinshasa. «Grâce à notre nouveau mandat, nous pouvons de toute façon intervenir si nécessaire et nous avons les moyens pour le faire très rapidement», affirme-t-elle en conclusion. (apic/misna/pr)



