L’ONG demande l’ouverture d’une enquête internationale

Congo RDC: Le Gadhop dénonce les nombreux viols et les violences contre les femmes

Kinshasa, 6 mai 2005 (Apic) Le Gadhop, Groupe d’associations de défense de droits de l’homme et pour la paix, basé à Butembo, dans l’Est de la République Démocratique du Congo, RDC, demande qu’une enquête internationale soit menée au sujet des violences qu’ont subies des femmes à Kanyabayonga.

Pour cette ONG, les auteurs et co-auteurs de ces crimes doivent être traduits en justice devant le Tribunal international et les victimes sont à dédommager. Elle souligne dans le monitoring 2004 présenté où ont été dénoncées ces violences que malgré la tendance vers l’unification et la pacification de la RDC, la province du Nord-Kivu reste encore une zone sous tension où se commettent des graves violations des droits humains.

De graves violations des droits de l’homme sont monnaie courante, indique le Gadhop, dans le Grand-Nord, dans le secteur de Bapere qui a comme chef-lieu Manguredjipa, au sud de Lubero à Kirumba , Kayna, Kanyabayonga , vers l’est à Kipese.et dans le territoire de Beni à Mutwanga, Oicha, Kasindi, Kyondo.

Ces régions connaissent depuis 1996 des affrontements. Les populations locales payent un lourd tribut : assassinats, viols, pillages, arrestations arbitraires, vols à main armé, extorsions.

Selon le Gadhop, la majorité des femmes violées à Kanyabayonga sont mariées et ont subi des «violences en chaîne», par plusieurs militaires.

Certaines femmes ont été violées en présence de leurs époux, d’autres devant leurs enfants. Selon cette ONG, une femme est morte après avoir été violée par vingt militaires. Les femmes violées, dans leur majorité, présentent une santé précaire. Plusieurs mères de famille violées ne voulaient pas se déclarer victimes de viol. Le service de «Femmes et Famille» du Gadhop a réussi à les sensibiliser pour les amener également à se faire enregistrer à son office.

Les conséquences à redouter, estime le Gadhop, sont le risque de propagation du sida, non seulement dans la cité de Kanyabayonga, mais sur toute l’étendue Sud du territoire de Lubero. Certains foyers ont déjà connu le divorce, les époux craignant le risque de contamination. Ces viols ont déstabilisé gravement certaines famille, déplore enfin le Gadhop. (apic/dia/pr)

6 mai 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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