Condition pour reconstruire le pays
Congo RDC : Les évêques invitent à un changement de mentalité
Kinshasa, 17 février 2008 (Apic) Malaise social, inquiétude pour l’avenir de la jeunesse, exploitation des ressources naturelles, problèmes de sécurité dans l’est et enjeux économiques, nécessité d’un leadership plus dynamique: tels sont les principaux arguments abordés dans le nouveau message du Comité permanent des évêques congolais intitulé «Changeons nos coeurs», diffusé au terme d’une session de travaux tenue à Kinshasa.
« Ce message est un vibrant appel à un sursaut national et à un changement de mentalité en vue d’un engagement réel dans l’oeuvre de la reconstruction de notre pays», écrit le Comité de la Conférence épiscopale du Congo (Cenco), déçue par les maigres progrès réalisés en un an, depuis la mise en place des institutions nationales élues. « Loin d’être un simple cri d’alarme – écrivent les prélats – notre appel se veut un message d’espérance, pour nous mobiliser» afin d’affronter les défis du présent, comme la crise sociale, figurant à la première place sur la liste des « problèmes majeurs».
Selon les prélats, les gens perdent patience, fatigués par la guerre, la pauvreté et la misère. L’impatience se traduit en grèves dans l’éducation, la santé, le service public, attestant un malaise social profond et inquiétant pour l’avenir du pays.
Un long paragraphe est ensuite dédié aux problèmes de sécurité dans les régions du Nord et Sud-Kivu: les évêques saluent le résultat de la Conférence de Goma qui s’est conclue par la signature de l’acte d’engagement pour la pacification de la région et le désarmement des groupes armés. Mais, selon les prélats, de nombreux interrogatifs perdurent.
Interrogation
Les évêques s’interrogent : « Le conflit d’intérêt des groupes économiques, éventuellement soutenus par leurs propres gouvernements autour de l’exploitation de ressources naturelles de la République démocratique du Congo, ne constitue-t-il pas une des raisons de l’insécurité sur notre territoire? L’attitude de certains pays voisins avec des visées expansionnistes et soutenus par les puissances étrangères ne met-elle pas en péril l’existence et l’avenir du pays ? Le laisser-aller de l’Etat congolais dans l’exercice de ses fonctions régaliennes (Paix, Sécurité, Fiscalité, Justice) ne donne-t-il pas libre cours à une multitude des rebellions internes et n’ouvre-t-il pas des brèches à des ingérences plurielles et extrêmement ravageuses ?
Le Comité permanent des évêques demande en conclusion à tous d’éviter le recours à la violence, aux discriminations, aux menaces et aux tromperies. Un appel particulier est adressé aux « pays voisins, à la communauté internationale et aux sociétés multinationales» afin qu’ils respectent le droit national et international. (apic/misna/pr)



