La solidarité face à la violence et à la guerre
Congo RDC: Les plus démunis accueillent sous leur toit des personnes déplacées
Buhamba, 6 janvier 2009 (Apic) Au Congo RDC, les plus démunis accueillent sous leur toit des personnes déplacées par la guerre. Une entraide et une solidarité bienvenue pour les personnes qui ont été dans l’obligation de fuir face aux violences des hommes. De la guerre.
Quand, en septembre, la guerre au Congo a une fois de plus chassé Bageni Katembereza de son village, celle-ci a emmené ses six enfants sur les pistes de l’est du pays en quête de sécurité, sans savoir où elle se rendait. Tout ce qu’elle savait, c’est qu’elle devait partir, fuir.
Lorsque que le bruit sourd de la guerre s’est estompé derrière elle, elle est tombée sur Siyawna Mulingeza, qui a ouvert son humble demeure à une parfaite étrangère. «Ils erraient comme ça sur la route et n’avaient nulle part où dormir. Alors nous les avons invités dans notre foyer», a déclaré Siyawna Mulingeza, dont la rudimentaire maison en bois est adossée à une colline sillonnée surplombant le lac Kivu.
Ici, dans l’est du Congo, environ 70 % de ceux qui ont perdu leur toit à cause de la guerre sont accueillis par d’autres familles. Celles-ci, tout comme leurs hôtes, n’ont pas grand-chose, et c’est l’hospitalité des pauvres qui accueille les pauvres.
Cette histoire se répète des milliers de fois à travers les montagnes qui entourent la capitale provinciale de Goma, où les rebelles menés par le général tutsi Laurent Nkunda affrontent l’armée gouvernementale, contraignant un quart de million de personnes à fuir leurs foyers ces dernières semaines. Il s’agit du plus récent épisode de violence d’une guerre dormante qui associe tensions ethniques et intérêts régionaux dans ces vallées riches en ressources minérales. Au cours des dix dernières années, quelque 5,4 millions de personnes ont trouvé la mort dans la région, à cause des violences, des famines et des maladies causées par la guerre.
Un cas parmi d’autres
Beaucoup de gens, comme Bageni Katembereza, ont été déplacés plusieurs fois. La même hospitalité envers les réfugiés existe en milieu urbain. C’est ce qu’a découvert Kanyere Stany après que les combats entre les rebelles de Laurent Nkunda et l’armée se furent propagés à son village de Kibumba le 27 octobre. Kanyere Stany a emmené en vitesse ses quatre enfants et a fui.
Le petit groupe de survivants hébétés avec lequel Kanyere Stany voyageait a erré dans Goma, dans le Nord Kivu, avant de trouver une petite église baptiste. Ils se sont assis devant jusqu’à l’aube, lorsqu’un membre de l’Eglise les a découverts. La paroisse s’est mobilisée pour leur trouver de quoi manger et plusieurs fidèles ont accueilli des familles dans leurs petits et humbles foyers. «Ce n’est pas comme chez nous, mais nous sommes en sécurité ici», a déclaré Kanyere Stany: «Nous avons été accueillis». (apic/eni/pr)



