Avec la complicité de l’Ouganda
Congo-RDC: Mgr Sikuli accuse le FLC de vouloir exploiter le peuple
Butembo, 1er avril 2001 (APIC) La récente fusion du Front de libération du Congo de Jean-Pierre Bemba et de la branche du Rassemblement congolais pour la démocratie / Kisangani prouve une fois de plus que, sous l’alibi d’une plus grande efficacité dans la lutte contre le gouvernement de Kinshasa, l’objectif des rebelles n’est pas le bien des populations qu’ils prétendent représenter, mais leur exploitation jusqu’au sang avec la complicité de l’Ouganda. C’est ce qu’affirme dans une déclaration remise à la presse l’évêque de Butembo, Mgr Melchisédech Sikuli.
L’évêque de Butembo-Beni, en territoire occupé, pensait que la priorité des chefs rebelles était de s’employer à résoudre les problèmes qui ont conduit tout récemment aux massacres horribles entre Lendu et Hema à Bunia, à mettre fin à l’insécurité, aux exactions et aux tracasseries entretenues par les Mayi Mayi et les soldats ougandais dans les villes, dans les villages et sur les routes de Lubero et de Béni. La préoccupation prioritaire du Front de libération du Congo (FLC), déplore-t-il, c’est d’avoir le contrôle des finances des banques à Butembo-Béni, comme l’indique une lettre de François Muamba, chargé des finances au FLC.
Danger d’affrontements sanglants
Le prélat note que, depuis le 29 janvier dernier, l’arrivée de la délégation du FLC à Béni conduite par François Mwamba a accentué les tensions entre les partisans de Mbusa Nyamuisi, devenu coordinateur de l’exécutif du FLC, et ceux qui sont restés fidèles à Wamba dia Wamba. Il prévient que ces tensions risquent de dégénérer en affrontements sanglants, comme à Bunia, si les chefs rebelles s’obstinent à poursuivre les intérêts égoïstes au détriment du bien commun de la population.
Les populations de Lubero-Butembo-Beni-Bunia ont un seul désir, une seule attente, souligne Mgr Sikuli, «être libérées de la rébellion soutenue par l’Ouganda et retrouver la paix en République Démocratique du Congo dans son unité et son intégrité territoriale». Le prélat relève que les récents changements intervenus à Kinshasa à la tête de la République Démocratique du Congo conforte quelque peu chez ces populations meurtries l’espoir de libération et de paix tant attendues. (apic/cip/dia/bb)



