Congo RDC: Quinze jours de «courtoisie routière» décrétés
Après la menace de grève des taxis et bus
Kinshasa, 4 septembre 2006 (Apic) Le gouverneur de la capitale du Congo RDC, Kinshasa, a pris la menace de grève des chauffeurs de taxi et taxis bus de manière zen. Il a autorisé la police à ne pas verbaliser. Les agents ne pourront que donner des conseils pendant 15 jours.
Les responsables de la police routière de Kinshasa, au Congo RDC, ont décrété quinze jours de «courtoisie routière au cours desquels les agents de l’ordre se contenteront de prodiguer des conseils aux contrevenants de petits délits
l’Association des chauffeurs du Congo, Acco, qui a lancé un préavis de grève dans la capitale, se voit tenue de régulariser les permis de conduire de ses membres durant les quinze jours de «trève» des contraventions.
La menace a été sérieuse, car elle a coïncidé avec la rentrée scolaire du lundi 4 septembre 2006, marquée par la grogne des enseignants à propos de leurs salaires. Les chauffeurs de taxi et autres taxis bus en sont arrivés à la menace de grève suite aux abus, selon eux, dont ils sont victimes, ont affirmé les responsables de l’Acco. Nombre de transporteurs ne s’étaient pas gênés de se plaindre à haute voix devant leurs passagers quant aux «tracasseries» subies dans les semaines précédant la menace de grève. Les agents de la circulation à Kinshasa, d’après les dires des chauffeurs, ne consentent à laisser partir le chauffeur auteur d’une infraction qu’après un pot-de-vin de l’ordre de 5$ environ en plus de l’amende. Il s’agit de la nouvelle volée d’agents formés en Angola, explique l’agence catholique DIA. Les anciens agents du contingent précédent se contentaient d’un «pourboire» d’un dollar ou moins.
Les deux corps d’agents se superposent, au grand dam des chauffeurs. Si les agents du premier contingent arrêtent un contrevenant, il est conduit à l’Etat-major de la police, en ville. Lorsque les agents du nouveau contingent procèdent à une arrestation, le contrevenant est alors conduit à la circonscription militaire de Kinshasa où, d’après les transporteurs, les factures sont particulièrement salées.
En outre, les chauffeurs propriétaires de taxi bus et autres véhicules de plus de quatre places exigent que les «cartes officielles» permettant de voyager gratuitement soient limitées. Les chauffeurs constatent en effet très souvent sur certaines lignes que plus de la moitié des clients sont détenteurs de cartes officielles, les exemptant de payer les tickets de bus. (apic/dia/vb)



