Les Congrégations religieuses alertent encore une fois l’opinion
Congo RDC : Refuser de se taire devant les violences sexuelles massives
Kinshasa, 10 mars 2008 (Apic) Face à « l’épidémie » des violences sexuelles dans l’Est de la République Démocratique du Congo, dans la province du Katanga, des responsables des congrégations religieuses, masculines et féminines, qui travaillent dans cette partie du pays ne peuvent pas se taire, rapporte l’agence Fides.
Dans un communiqué de presse envoyé à l’agence Fides, les responsables des congrégations religieuses au Katanga affirment que malgré la paix signée en 2003 et les élections de 2006, l’Est du pays est encore bouleversé par la présence de bandes et de groupes armés.
Un instrument de guerre pour forcer les populations à fuir
Dans ce document, les consacrés soulignent que les violences sexuelles en particulier et l’insécurité en général ont atteint des proportions alarmantes et sont considérées par des observateurs comme un véritable instrument de guerre pour forcer les populations à quitter le territoire où elles vivent.
Dans leur déclaration les responsables des congrégations religieuses dénoncent cette situation en ces termes : ” les violences sexuelles sont des faits terrifiants et innombrables qui constituent une tragédie assimilable à une épidémie dont le déracinement doit nous mobiliser tous»
Crimes sexuels toujours impunis
Constatant cette tragédie, les supérieurs religieux notent avec tristesse que la plupart de ces crimes restent impunis, mais que les auteurs de ces actions sont récidivistes sans aucune peur des conséquences. Les consacrés ont déploré l’indifférence des autorités civiles, militaires et de la communauté internationale face à cette catastrophe humanitaire. Face à cette situation, les populations de l’Est de la RDC demandent la justice, fait savoir les religieux.
Dans ce document, les supérieurs généraux louent le travail des nombreuses ONG, des associations et des structures sanitaires qui offrent des services admirables et gratuits aux victimes. Et l’Eglise elle-même a créé de nombreuses structures pour accueillir, aider et guider ces personnes.
Par ailleurs, les signataires de communiqué affirment que les violences sexuelles sont devenues une arme terrible pour anéantir et décimer un peuple entier. Les supérieurs des congrégations religieuses ont proposé dans leur document quelques recommandations pour faire face à cette situation. Ils demandent l’application des articles de la Constitution qui prévoient d’étendre la paix à tout le territoire national et qui garantissent la sécurité des personnes. Ils recommandent la réforme et le renforcement du système judiciaire. Une recommandation concerne des réformes juridiques et culturelles pour que la femme ne soit pas considérée comme un être inférieur à son mari. Ils demandent la création de structures d’Etat qui prennent soin des victimes et l’application sévère des lois à l’égard des coupables des crimes sexuels.
En outre, deux personnes ont été tuées samedi 8 mars lors de l’assaut de la police contre le siège du mouvement politico-religieux Bundu dia Kongo (BDK) à Matadi, ville de l’ouest de la République démocratique du Congo.
De son côté, la Mission de l’ONU en RDC (Monuc) s’est déclarée «grandement préoccupée par les nouvelles violences qui ont opposé (…) des éléments de la police nationale congolaise et le Bundu Dia Kongo», dans un communiqué du 9 mars.
Violences liées au mouvement sécessionniste BDK du Bas Congo
La Monuc, qui a récemment renforcé sa présence au Bas-Congo avec plus de 200 militaires et policiers, «appelle toutes les parties au calme ». Depuis le 28 février, des affrontements entre adeptes de BDK et policiers ont fait au moins 25 morts dans plusieurs localités du Bas-Congo, selon un bilan officiel. Le BDK est accusé par les autorités congolaises de subversion. Bundu dia Kongo (»Royaume du Kongo») est un groupe d’opposition religieux sécessionniste dans le Bas-Congo. Il prône la restauration de l’ex-royaume Kongo, qui comprenait l’actuel Bas-Congo, une partie de l’Angola, du Congo voisin et du Gabon. (apic/dia/ag/vb)



