10’000 patientes soignées depuis 1999

Congo RDC: Un établissement au service des victimes des violences sexuelles

Kinshasa, 28 décembre 2006 (Apic) L’Hôpital de Panzi, dans la partie Est de la République démocratique du Congo, est le seul établissement du pays à être spécialisé dans la prise en charge des personnes victimes de violence sexuelle. Depuis sa création en 1999, cet hôpital a soigné quelque 10’000 patientes, indique l’agence de presse «Irin», citée par DIA.

La décision d’ouvrir cet établissement hospitalier a été prise après le constat d’une augmentation des cas de mutilation sexuelle, à une époque où les diverses factions rebelles et les troupes gouvernementales en RDC utilisaient – et continuent d’utiliser- le viol comme arme de guerre. Cette décision de l’ouverture de l’Hôpital de Panzi a été prise par le docteur Denis Mukwege Mukengere, directeur de cette formation médicale. Cela fait 20 ans que ce médecin travaille comme gynécologue dans la région. Depuis ces six dernières années, il se consacre toutefois aux patientes victimes d’agressions sexuelles tout en formant d’autres médecins à ce type d’intervention.

A en croire Jan Egeland, secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires des Nations Unies, une Organisation non gouvernementale avait répertorié en RDC 41’000 cas de viols: soit une moyenne de 21 cas par jour.

Selon le directeur de l’hôpital de Panzi, le taux de prévalence du Vih/sida enregistré parmi les femmes accueillies à l’hôpital avoisinait alors les 5%. Un pourcentage qui semble peu élevé, sauf que la plupart des femmes qui y sont soignées, selon le même médecin, proviennent de régions rurales. Particularité: les soins sont prodigués gratuitement, tout comme le soutien psychologique accordé aux patientes venant se faire soigner à Panzi.

Avant la tenue des élections, le président élu Joseph Kabila avait promis au secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires des Nations Unies qu’en cas d’élection, élu il se rendrait à l’Hôpital de Panzi et «lancerait une croisade» contre les abus sexuels dans la société congolaise.

Jan Egeland a promis qu’il rappellerait au chef de l’Etat congolais son engagement, consistant à limoger immédiatement tout responsable des forces armées, de l’administration ou d’institution de l’Etat qui seraient impliqués dans des affaires d’abus sexuels. (apic/dia/pr)

28 décembre 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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