Les méfaits de tout ce qui porte uniforme

Congo RDC: Violences et viols: les civils paient le prix fort au Kivu

Kinshasa, 20 mai 2009 (Apic) La situation de l’insécurité dans la région orientale du Kivu est «intolérable», la population civile est constamment victime d’exactions et de viols, utilisés comme «armes de guerre», a dénoncé le Bureau de Coordination des Affaires humanitaires (Ocha) des Nations Unies, qui, lors d’une conférence de presse tenue mercredi à Genève.

Le Bureau a mis l’accent sur la recrudescence des violences commises par «quiconque porte un uniforme», qu’il s’agisse de membres de groupes rebelles ou de soldats de l’armée gouvernementale.

Elisabeth Byrs, représentante de l’Ocha, a précisé que plus de 1000 habitations avaient été brûlées depuis la mi-mars dans trois villages situés en territoire de Kalehe et que rebelles et militaires avaient commis des atrocités sur des civils sans défense. La délégation du Conseil de sécurité de l’Onu en visite au Congo a en outre demandé mardi au gouvernement d’enquêter et d’arrêter cinq anciens rebelles, nommés hauts officiers de l’armée congolaise après avoir signé les accords de paix.

L’ambassadeur français auprès de l’Onu, Jean-Maurice Ripert, a indiqué que la délégation avait remis au gouvernement les noms des personnes soupçonnées d’avoir commis des crimes contre la population civile en vertu des témoignages de victimes et de témoins, affirmant avoir reçu à ce sujet des «assurances encourageantes». L?ambassadeur Ripert a en outre annoncé le déploiement en juillet de 3000 casques bleus supplémentaires pour renforcer la mission de l’Onu dans le pays (Monuc).

De son côté, le gouvernement congolais, engagé depuis plusieurs semaines dans une offensive militaire au Kivu contre les rebelles des Forces démocratiques de libération du Rwanda (Fdlr), a rejeté la récente requête de ces derniers d’entreprendre des négociations directes. «Si nous avons négocié avec le Cndp (Congrès national pour la défense du peuple, Ndlr) et d’autres groupes armés opérant dans l’Est du pays, c’est parce que ce sont des Congolais», a affirmé le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Lambert Mende. (apic/misna/pr)

20 mai 2009 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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