Congo : un appel du " Collectif du 16 février «

«Peuple congolais, souviens-toi et reprends courage !»

Kinshasa, 16 janvier 2001 (APIC) Le «Collectif du 16 février 1992», qui regroupe une vingtaine d’organisations, a adressé un message aux Congolais, leur demandant de se souvenir de la date du 16 février 1992 et de reprendre courage. À la suite de quoi des membres de ce collectif ont été interpellés. Le soir du 11 janvier, les médias officiels ont accusé deux organisations membres du Collectif, le groupe Jérémie et le groupe Amos, d’inciter la population à la révolte.

La «marche de l’espoir» du 16 février 1992, organisée par le groupe chrétien Amos, fut brutalement réprimée (plusieurs dizaines de morts) alors qu’elle réclamait pacifiquement la réouverture de la Conférence Nationale Souveraine. Dans son message, daté du 4 janvier, journée des Martyrs de l’indépendance, le «Collectif du 16 février 1992» demande de ne pas oublier les martyrs tombés il y a neuf ans, car «nous avons réalisé ce jour-là que nous étions capables de nous organiser, d’être ensemble, toutes confessions confondues, autour d’un seul idéal : liberté, paix durable».

Réussite de la non-violence

«La non-violence active comme technique de lutte contre toute injustice fut une réussite totale, poursuit l’appel. Le monde entier a été surpris du courage et de la détermination du peuple Congolais de dire non à une dictature forte et enracinée. Aujourd’hui encore, ce même peuple dit non à la guerre et à ses affres ; non à des belligérants qui, à l’Est comme à l’Ouest, le tiennent prisonnier de leurs ambitions et de leur volonté de bénéficier seuls des profits que génèrent les ressources de notre pays ; non à quiconque, à l’Est comme à l’Ouest, retarde volontairement et de manière cynique la tenue du Dialogue Intercongolais.»

Le collectif, qui rappelle que «la non-violence active comme esprit et style de vie s’était incarnée en chacun des manifestants grâce à une préparation spirituelle sans précédent», invite à «reprendre le bâton de pèlerin avec courage et détermination pour dire non à la répression, à la nouvelle dictature interne ou externe et dire oui à la liberté, à la dignité et au respect de la vie.» Il conclut par «un appel à tout le peuple congolais, de l’Est et de l’Ouest, du Nord au Sud (…), à s’engager résolument pour que le Dialogue Intecongolais, comme la Conférence Nationale Souveraine hier, devienne désormais notre arbre à palabre où chaque fils, chaque fille de ce pays s’exprimera sur le destin de cette terre de nos ancêtres». (apic/cip/dia/bb)

16 janvier 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Partagez!