Mise en garde contre des comportements abusifs

Congo : Un ministre rappelle à l’ordre des milieux religieux

Brazzaville, 14 novembre 2004 (Apic) Les activités de certaines Eglises et communautés religieuses – protestantes, pentecôtistes – en République du Congo inquiètent les autorités du pays. Ces dernières accusent certaines Eglises d’atteintes à « l’ordre public avec des nuisances sonores et des comportements contraires aux règles ».

« Est-ce le fait de crier haut vers un Dieu qu’on croit sourd qui constitue l’efficacité d’une prière alors que le bruit des tam-tam et autres instruments de musique constituent une nuisance sonore au repos et à la tranquillité des habitants aux alentours? » a lancé le ministre de l’Administration du territoire, François Ibovi, lors d’un entretien avec les responsables des Eglises et communautés religieuses, au cours d’une réunion à Brazzaville.

Pour mettre de l’ordre dans les milieux religieux, une circulaire a été publiée le 29 octobre. Elle prévoit entre autres le recensement des Eglises et associations cultuelles, le contrôle de la régularité de séjour des personnes étrangères responsables ou non, la construction des édifices de culte conformes aux normes de sécurité et de salubrité, dans un délai de six mois par toutes les Eglises et associations de culte.

« La rigueur de la loi s’appliquera sans réserve aux contrevenants », a martelé le ministre de l’Administration du territoire. « Il ne s’agit pas d’aller en guerre contre la liberté de croyance ou de harceler les Eglises et associations cultuelles, mais de rappeler tout le monde à l’ordre ». 

Notoires escroqueries

François Ibovi a aussi mis en garde les responsables des Eglises contre les cas d’escroquerie. La dernière affaire en date, qui a été commentée dans les médias nationaux, concerne deux pasteurs congolais de la République démocratique du Congo et un missionnaire canadien à Kinshasa. Les trois hommes ont organisé la visite de fidèles de leur Eglise en vue d’aller évangéliser au Canada. Le voyage devait s’effectuer sans passeport ni formalités administratives et à bord d’un avion spécial. Las. Les 300 adeptes qui avaient versé chacun 700 dollars ont traversé le fleuve par bateau pour Brazzaville où ils devaient embarquer. Bloqués à l’aéroport, faute de documents de voyage, ils ont été reconduits à Kinshasa après avoir erré pendant deux jours à l’aéroport dans l’attente de leurs pasteurs qui avaient embarqué la veille à Brazzaville, à destination de Paris.

« Les actes d’escroquerie posés par les chefs d’Eglise engagent leurs auteurs et non la communauté, » a affirmé le ministre. « L’Etat, qui a le droit de garantir le respect de la dignité humaine, ne peut en aucun cas tolérer ces comportements ». Depuis l’avènement de la démocratie en République du Congo en 1991, prés de 500 Eglises, communautés et associations cultuelles, dont un certain nombre ne sont pas reconnues officiellement, exercent leurs activités à travers le pays. (apic/eni/pr)

14 novembre 2004 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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