Pour une intervention de la communauté internationale
Congo: Une organisation des Droits de l’Homme dénonce les violations contre les pygmées
Brazzaville, 18 février 2004 (Apic) L’Observatoire Congolais des Droits de l’Homme (Ocdh) dénonce les violations des droits de l’homme de la minorité pygmées dans le pays. Elle lance un appel à la communauté internationale en faveur de cette population et critique le manque de considération des autorités congolaises à leur égard, ainsi que leur exploitation par les bantous, majoritaires.
«Le gouvernement de Brazzaville ne juge pas utile de faciliter l’obtention de pièces d’état civil à cette couche minoritaire et vulnérable de Congolais», indique le rapport. Cité par l’agence d’information de l’Onu Irin (Réseau Intégré d’Information régionale), l’Ocdh déplore également le manque de programme de sensibilisation des pygmées pour se faire enregistrer ou se faire délivrer des cartes nationales d’identité. Le délabrement de l’administration congolaise, après trois guerres successives dans les années 90, ne justifie pas tout, estime l’organisation. D’un point de vue légal, ces milliers de pygmées ne sont donc pas reconnus par l’Etat congolais, car ils ne disposant de pièces d’état civil, principaux documents réunissant les éléments de la personnalité juridique, indique encore le rapport.
Utilisés comme esclaves par les bantous
Le document déplore l’esclavagisme dont sont victimes les pygmées. Certains bantous profitent de leur cohabitation avec les pygmées pour abuser de leurs droits. Ils les surexploitent en leur faisant faire la chasse, la pêche ou l’agriculture.
En outre, de nombreuses femmes pygmées sont violées par des bantous dans la région du Niari (sud du pays). Les violeurs n’hésitent pas à opérer en présence de l’époux de leur victime, a précisé le rapport. D’autres cas de viols collectifs ont eu lieu aussi bien dans la forêt qu’au poste de police géré par des ex-miliciens qui y sont affectés pour veiller à leur sécurité, a déclaré Roch Euloge Nzobo, responsable du département juridique à l’Ocdh.
Dans le domaine de la santé, les pygmées ne sont guère mieux lotis. L’Ocdh déplore un niveau de santé communautaire alarmant chez eux, ainsi qu’une éducation scolaire victime des coutumes locales et de l’abandon de l’état.
L’organisation congolaise demande au gouvernement l’élaboration d’un programme national pour le développement culturel et économique de la minorité pygmée. Elle suggère aussi la mise en oeuvre d’un programme spécial de développement sanitaire, par la création d’infrastructures de santé à proximité de leurs villages.
L’Ocdh demande à la communauté internationale de faire pression sur le gouvernement congolais afin d’adopter une loi visant à renforcer les droits de la minorité pygmée. La communauté internationale est également sollicitée pour accroître la capacité opérationnelle des organisations de défense et de protection des droits de l’homme en général et de celles spécifiques à la minorité, au Congo. (apic/ibc/bb)



