Inde: Une campagne des Eglises protestantes en faveur de la natalité déclenche une polémique

Conserver une majorité chrétienne dans l’Etat du Mizoram

New Delhi, 20 mars 2013 (Apic) Dans le petit Etat du Mizoram, au nord-est de l’Inde, les chrétiens protestants, en particulier les presbytériens, réaffirment la nécessité de relancer la natalité de l’ethnie mizo. Cette communauté à majorité chrétienne est en décroissance et risque d’être «submergée» par les immigrés non chrétiens venus d’autres régions de l’Inde. Les Eglises protestantes font face aux critiques des tenants de la politique fédérale de restriction des naissances.

L’Eglise presbytérienne du Mizoram a lancé une grande campagne au sein de l’ethnie majoritaire mizo. L’Eglise veut inciter les couples de cette communauté à avoir davantage d’enfants, rapporte le 19 mars 2013 l’agence d’information des Missions Etrangères de Paris, Eglises d’Asie.

L’Etat est l’un des rares de l’Inde à avoir une majorité chrétienne (87 % de la population), formée essentiellement de presbytériens. Les principales ONG oeuvrant au Mizoram ainsi que l’Eglise baptiste, seconde plus importante communauté chrétienne de l’Etat, se sont jointes au mouvement pro-nataliste.

Une ethnie «noyée dans la masse des immigrés»

L’affaire n’est en fait pas nouvelle. Depuis des années, les Eglises du Mizoram s’opposent au modèle du planning familial indien de la famille de deux enfants. Les grands principes de cette campagne ont été lancés l’été dernier par le groupe étudiant presbytérien mizo, le «Mizo Zirlai Pawl» (MZP). L’assemblée a voté une résolution visant à «faire prendre conscience» que la dénatalité de la communauté mizo se profilait à court terme et que leur ethnie pourrait se retrouver rapidement noyée dans la masse des «immigrés des plaines» à la croissance très dynamique. «Même si Delhi a une politique de contrôle des naissances, chaque Etat devrait décider de ce qui lui correspond le mieux», a souligné le MZP, s’attitrant immédiatement les foudres des médias et des tenants du planning familial.

Les nationalistes hindous protestent

Le «News Bharati», quotidien nationaliste hindou, a dénoncé avec virulence l’incompréhension de ce qu’était une «politique nationale» de la part des presbytériens.

Selon le dernier recensement de 2011, la population du Mizoram vient de dépasser le million d’habitants. Un chiffre dérisoire au regard des 1,21 milliard d’Indiens, comme de la densité de la population de l’Inde qui est de 342 habitants au km2 en moyenne, pour seulement 52 au Mizoram. Parallèlement, les statistiques de l’Etat affichent une diminution notable de la croissance de sa population qui est passée de 2,5 % en 2001 à seulement 2 % en 2011.

Dénatalité ou surmortalité?

Mais pour le «Bharati News», il s’agit d’une erreur d’interprétation des chiffres. Le quotidien affirme que si les taux de natalité et de fécondité des Mizos sont effectivement peu élevés, les principales raisons en sont la mortalité infantile et maternelle, nettement supérieures à la moyenne nationale. Le journal indien soutient que selon les statistiques officielles, les habitants du Mizoram sont 19 % à se situer en dessous du seuil de pauvreté. Il omet pourtant de préciser que ce pourcentage est de 26 % pour l’ensemble de l’Inde.

Le «Bharati News» a dénoncé également la «volonté bien connue des chrétiens de convertir» le plus grand nombre possible de personnes en Inde. Il a rappelé les récentes «campagnes d’évangélisation» qui ont obtenu la conversion de «plusieurs communautés aborigènes et groupes ethniques». (apic/eda/rz)

20 mars 2013 | 10:41
par webmaster@kath.ch
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