Contre une «attaque de type terroriste»
Gaza: Stupeur et colère dans le monde après l’attaque sanglante d’Israël contre une flottille
Gaza, 31 mai 2010 (Apic) L’assaut sanglant des militaires israéliens contre la flottille des militants pour les droits de l’homme partis de Chypre pour acheminer des aides humanitaires jusqu’à la Bande de Gaza pourrait avoir causé une vingtaine de morts et laissé plusieurs dizaines de blessés. «Une attaque de type terroriste», indique à Misna un humanitaire.
Cette intervention viole le principe élémentaire de proportionnalité voire, selon certains, l’expression d’une logique terroriste: tels sont les jugements recueillis par Misna après l’attaque lancée lundi matin par les militaires israéliens contre le convoi humanitaire de la Flottille de la Liberté.
L’action de force, qualifiée de «choquante» par la Haut commissaire aux Droits de l’Homme de l’Onu, Navi Pillay, a suscité la stupeur et l’incrédulité parmi les membres des mouvements des droits de l’homme opérant dans la Bande de Gaza. «L’intervention de la marine militaire était prévisible – dit à Misna Mustafa al-Kayyeli, membre de la Campagne palestinienne pour la fin du siège, contacté à Gaza – mais pas une agression de ce genre : à l’envoi d’aides humanitaires, Israël répond par des politiques de type terroriste».
Mustafa al-Kayyeli décrit ainsi une région durement éprouvée par trois ans d’un embargo presque total imposé par Tel-Aviv, d’accord avec le gouvernement égyptien. «Le personnel des hôpitaux ne peut plus travailler, affirment les sources citées par Misna qui opèrent à Gaza. De plus, Israël n’autorise personne à quitter la Bande, pas même les patients qui nécessitent une opération d’urgence».
L’arraisonnement du convoi humanitaire est survenu à 65 kilomètres environ des côtes de Gaza, en dehors des eaux territoriales d’Israël. Selon Andrea Giardina, professeur de droit international à l’Université La Sapienza, à Rome, la «doctrine de la défense côtière» – qui permet aux États d’invoquer une «protection fonctionnelle», y compris dans les eaux internationales – ne s’appliquait en aucun cas à la Flottille de la Liberté. «Les passagers du convoi, commente l’expert, ne constituaient nullement une menace militaire à la sûreté d’Israël.
Le raid a été fait au mépris du critère de proportionnalité et pourrait donner lieu à une dure réaction des Nations Unies». En Cisjordanie, l’Autorité nationale palestinienne (Anp) a sollicité une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’Onu. La Haute représentante de la Politique étrangère de l’Union européenne (UE), Catherine Ashton, a exigé quant à elle l’ouverture d’une enquête exhaustive et la mise en place «immédiate, prolongée et inconditionnelle» d’un corridor humanitaire et commercial pour la Bande de Gaza.
Après la virulente condamnation de l’assaut par la Turquie, des milliers de personnes ont commencé à manifester au centre d’Istanbul pour protester contre la conduite d’Israël, tandis que des manifestations se déroulent dans de nombreuses autres villes du monde. Le président de l’Anp, Mahmoud Abbas, a quant à lui dénoncé en direct à la télévision un «massacre» de civils, proclamant trois jours de deuil. (apic/misna/pr)




