Corée du Nord: Le directeur de Caritas Suisse de retour du «pays du matin calme»

L’aide alimentaire reste indispensable

Lucerne,

(APIC) Malgré quelques lueurs d’espoir, l’aide alimentaire en Corée du Nord reste absolument nécessaire, a indiqué mardi à Lucerne le directeur de Caritas Suisse, de retour d’un voyage sur place. Le «Pays du matin calme» est encore terriblement isolé, constate Jürg Krummenacher.

Les enfants sont les principales victimes de la sous-alimentation chronique et voient leur croissance fortement retardée. De fait la pénurie alimentaire touche déjà les femmes enceintes qui donnent naissance à des enfants dont les chances de survie sont limitées. Aujourd’hui en Corée, les femmes ont peur d’avoir des enfants, relève le directeur de Caritas Suisse. L’aide alimentaire fournie par le gouvernement est totalement insuffisante. Dans les centres de distribution on ne trouve que des épis de maïs, des glands et des ’nouilles’ faites de feuilles séchés. Ces aliments de substitution n’ont que très peu de valeur nutritive et sont très indigestes. Toujours plus de gens doivent se faire soigner pour des maux d’estomac ou de foie. En outre les hôpitaux manquent de médicaments et de matériel médical. Pour Krummenacher, l’aide devrait donc être élargie.

Si les chiffres officiels parlent de 220’000 morts dues à la famine, d’autres estimations vont jusqu’à deux millions. Pour le président de Caritas, le manque de vivres est surtout lié à la situation économique désastreuse du pays presque totalement isolé du reste du monde. En outre les efforts du gouvernement se sont concentrés sur l’industrie. L’agriculture a été gravement négligée.

L’aide de Caritas Suisse sur place a débuté en 1995 et a été rendu possible grâce à la collaboration de Caritas Hong Kong et de sa directrice, la Suissesse Käthi Zellweger. Grâce au soutien de la Confédération, de la Chaîne du Bonheur et de la Fondation Novartis, 30 millions ont été investis au cours des cinq dernières années. Caritas y a mis 1 million de ses propres fonds.

150 des 211 districts du pays ont pu avoir accès à l’aide internationale et la situation s’est légèrement améliorée, relève le directeur de Caritas Suisse. Une centaine de collaborateurs des œuvres d’entraide internationales travaillent dans le pays. L’aide alimentaire reste donc indispensable, mais elle doit s’accompagner d’une contribution au processus de transformation de la société nord-coréenne, conclut J. Krummenacher. (apic/job/mp)

18 août 1999 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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